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POLÉMIQUE.

Carrefour veut réintégrer les vigiles accusés d'avoir tué un SDF

Deux des quatre vigiles accusés d'homicide involontaire après la mort d'un SDF à Lyon seront réintégrés par la grande surface qui les employait.

 
03.03.2010
La cour d'appel de a rejeté hier la demande de remise en liberté de deux des quatre vigiles de l'hypermarché du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, poursuivis après la , le 28 décembre dernier, d'un SDF de 25 ans. Soupçonné de vols, le jeune Antillais avait été interpellé par les vigiles et avait trouvé la mort par asphyxie au cours d'un interrogatoire musclé. Mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », les deux vigiles ont demandé à être libérés avant leur procès, arguant des « railleries » dont ils sont l'objet derrière les barreaux. « Ils offrent toutes les garanties de représentation », avait plaidé leur avocat, M e David Metaxas, qui a fait valoir, devant la cour, les casiers judiciaires vierges de ses clients, des vies de famille stables, des logements et « un emploi ». Les vigiles auraient en effet conservé leur emploi à Carrefour, « mais pas au même poste », précise M e Metaxas. Une situation qui révolte la partie civile, qui a du mal à comprendre que les vigiles n'aient pas été sanctionnés par leur employeur après ce qui s'est passé. M e Yves Sauvayre, avocat de Blaise, décédé le 28 décembre, s'étonne que Carrefour « couvre » ses employés après un tel drame. « Carrefour considère que ce sont des gens très bien, regrette-il, et traite cette affaire avec beaucoup de complaisance. Ils prennent cela comme une fatalité et n'ont pas exprimé la moindre récrimination à l'encontre de leurs vigiles. » « Cette demande de remise en liberté signifie que la vie de la victime ne valait pas grand-chose, que c'est chacun pour sa peau, la partie civile éprouve une certaine répulsion », analyse l'avocat de la famille de Blaise. Me Sauvayre aurait également découvert dans ce dossier que Carrefour établissait « une nomenclature » des personnes en cas d'interpellation. « Il y avait tel numéro pour un Maghrébin, tel autre numéro pour un Black, et chez Carrefour tout le monde trouve ça normal. » La cour d'appel doit encore examiner, vendredi, la demande d'un troisième des quatre vigiles mis en examen, mais salarié de Byblos, une société privée de sécurité, celui-ci.
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Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Faits divers

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