« Au début, je ne savais pas que j'étais le premier Noir à présenter une émission à la télé. Je l'ai découvert quand le New York Times m'a consacré une demi-page, parce que c'était la seule émission sur le hip-hop dans le monde entier, avant même MTV en Angleterre. Ce sont les Américains qui ont réagi les premiers, et les journalistes français ont suivi seulement après… Et je suis devenu célèbre. La direction de TF1 a reçu du courrier de téléspectateurs qui se plaignaient de voir un Noir à l'antenne. Moi, le racisme, je l'ai plutôt connu à l'école à Argenteuil. On s'est tous fait traiter de négro dans les années 1960. A la télé, Marie-
France Brière, la productrice de l'émission, était l'une des dernières à prendre des risques. Ça n'a pas tellement évolué depuis. Il ne faut pas se contenter d'un Harry Roselmack, et encore, il a beaucoup servi de bouche-trou. Avec moi, pour une fois, on avait de l'avance, et on n'a pas su la garder. Aux Etats-Unis, il y a un
président noir. Vous imaginez ça en
France? Là-bas, tout est possible. Ici, on est très timide. Je veux rester positif : la base de la culture hip-hop, pour moi qui anime toujours des battles, c'est de s'intégrer dans tous les milieux, c'est universel. J'en parle beaucoup aux jeunes. »