Ils n’en demandaient pas tant. Meilleurs pourvoyeurs de médailles (6 dont 1 en or en 9 courses), leaders de leur discipline au nombre de récompenses, les biathlètes français croulent sous les honneurs. « Même la Fédération internationale se demande comment on fait ! », s’amuse Christian Dumont, le directeur sportif. L’Etat versant des primes aux médaillés (50 000€ pour l’or, 20 000€ pour l’argent et 13 000 € pour le bronze), les héros de ces Jeux se sont assurés, avant le relais masculin de demain , un joli pactole de 189 000 €.
Avec quatre récompenses à lui seul, le jeune couple Vincent Jay - Marie-Laure Brunet empoche un peu plus de la moitié de l ’enveloppe (96 000 €). « Je n’ai pas encore réfléchi à la façon dont j’allais dépenser mes primes, souligne Marie-Laure, qui va gagner 33 000 €. Une chose est sûre : je ne ferai pas de folies ! Je ne suis pas du genre à craquer pour une grosse voiture. Je vais peut-être commencer par m’acheter quelques fringues dans les boutiques de Whistler. » Contrairement à la Fédération de handball, qui avait doublé la prime pékinoise de ses champions olympiques, celle de ski (dont dépend le biathlon) ne versera rien, faute de moyens.
Avec à peine 300 pratiquants dans l’Hexagone et une enveloppe de 780 000 € allouée au haut niveau, qui sert notamment à financer une partie des salaires de l’encadrement technique, les stages et les déplacements, le biathlon ne roule pas sur l’or.
Si les biathlètes avouent « gagner leur vie », leurs revenus n’ont rien de comparable avec ceux de leurs homologues allemands ou norvégiens. Employés, à l’exception de Marie Dorin, par une administration (les ministères des Finances et de la Défense) qui leur verse un salaire situé entre 1 000 € et 2 000 €, les Bleus touchent des primes en cas de podium en Coupe du monde. Une victoire rapporte 7 000 €. A titre de comparaison, un skieur qui remporte la descente de Kitzbühel touche dix fois plus. Les biathlètes français bénéficient également d’aides de leur station et des collectivités locales ainsi que de quelques contrats publicitaires. « Mais un sponsor ne verse jamais 50 000 €, précise Christian Dumont. Sans le soutien des administrations, nos biathlètes ne pourraient pas vivre de leur sport. » Si leur réussite olympique « apportera du beurre dans les épinards » selon le directeur sportif, elle ne changera pas leur vie. « Sauf si les athlètes parviennent à se monnayer, poursuit Chritian Dumont. Mais, au fond de nos montagnes, on est loin du business de l’économie et de la communication ! »








































