A bientôt 25 ans (le 12 mars), Guillaume Valmy fait déjà bien plus que son âge. Sa vie, ponctuée de hauts et de bas, lui a sans aucun doute permis de mûrir à vitesse grand V. Il a fait ses débuts sous le maillot ciel et blanc samedi (lire ci-dessous).
Du PFC à l'
Inter Milan
Repéré avec les 16 ans Nationaux du PFC, l'ex-poussin d'Aubervilliers voit sa vie basculer en 2003. Le natif du XXe arrondissement de
Paris tape dans l'œil du grand Inter Milan après un essai lors d'un tournoi à Turin où il est élu meilleur défenseur. Un contrat semi-pro de trois ans et un salaire d'« un peu plus que le
smic » comblent le Guadeloupéen d'origine. « La première fois que j'ai porté le maillot de l'Inter, je me suis pris en photo devant tout le monde dans le vestiaire avant d'aller m'échauffer. » Le conte de fées ne fait que commencer pour Valmy, sélectionné à trois reprises en équipe de France - 17 ans aux côtés de Benzema ou Ben Arfa… Mais des écarts de conduite le priveront de l'Euro et du titre continental en 2004. « J'ai ensuite intégré le groupe pro de l'Inter lors de la saison 2005-2006 », confie celui qui côtoie alors les Mancini (coach à l'époque), Materazzi, Adriano ou Cordoba, avec lequel il formait la charnière centrale en matchs de préparation. « Mais comme j'avais un caractère un peu spécial… Je voulais être comme les grands alors que je n'étais qu'un gamin. Il m'arrivait de sortir en discothèque la veille des matchs », regrette aujourd'hui le Titi parisien.
La rupture
En janvier 2006, Guillaume Valmy, alors âgé de 19 ans, tente de rebondir dans le nord-est de l'Italie. Mais à peine trois mois après son arrivée et deux matchs en Serie A, il prend la poudre d'escampette et revient à Paris « sans rien dire à personne ».
« Beaucoup de jeunes auraient aimé être à ma place, mais plein de choses me manquaient. Du jour au lendemain, l'Inter était venu frapper à ma porte alors que j'habitais dans une cité… J'ai eu du mal à assumer ce qui m'arrivait. J'étais jeune dans ma tête. »
La descente aux enfers
« Je sais vraiment ce que c'est que de toucher le fond. » L'ex-Interiste ne rentrera pas dans le détail mais avoue s'être « un peu perdu » après mars 2006. Le foot n'existait plus pour ce chrétien converti à l'islam. Le peu d'argent qu'il avait réussi à mettre de côté est vite parti en fumée. En 2009, ce père de deux garçons (Oussama, 3 ans et demi, et Mohamed, 2 ans) se débarrasse pourtant de ses vieux démons et retrouve goût à sa passion. Il est même tout près de signer à Cluj (L1 roumaine). « J'ai ensuite sollicité pas mal de clubs, mais comme ça faisait longtemps que je n'avais pas joué… »
Guillaume prend finalement l'été dernier une licence à Fontenay-sous-Bois (Excellence). Vivant à l'hôtel avec femme et enfants et cumulant les petits boulots (plongeur dans la restauration, brancardier ou éboueur), il compte aujourd'hui se servir « du coup de pouce du Racing que je n'oublierai pas » comme d'un nouveau tremplin. « Je veux vivre du foot, j'ai été formé pour ça au départ. Pas pour être milliardaire mais seulement mériter ce que je dois mériter. Je n'ai jamais eu autant envie de réussir que maintenant. Je sais aujourd'hui que pour être footballeur il y a 60% de qualités. Le reste? C'est dans la tête! »