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«Plus on lève la main sur un enfant, plus il devient agressif »

>Société|15 novembre 2009, 7h00 | MAJ : 30 août 2016, 22h42|
Société

EDWIGE ANTIER, députée UMP de Paris

Edwige Antier explique ses motivations pour interdire la fessée.

Pourquoi cette proposition de loi interdisant les châtiments corporels ?
Edwige Antier. « En 2008, le Conseil de l'Europe appelait solennellement ses pays à interdire la fessée : 18 Etats l'ont déjà fait. Certains, comme les pays scandinaves, depuis longtemps, mais aussi des pays latins comme l'Italie ou l'Espagne, et même Chypre, dès 1994, la Croatie, la Roumanie… La France est à la traîne ! Il faut interdire la fessée. On ne peut plus laisser entendre que ce n'est pas grave. Ou même pire, que ça a une vertu éducative, alors que c'est exactement le contraire !

En quoi est-ce grave, une fessée ?
La seule chose que l'on fait passer à l'enfant, c'est qu'un conflit peut se résoudre par la violence. Que le fort a le droit de frapper le faible. Demandez à un petit pourquoi il en a reçu une, il vous répond : « Parce que j'ai fait une bêtise. » Laquelle ? Là, il ne sait pas toujours. La corrélation avec la fessée n'est pas évidente ; selon le seuil de tolérance du parent, il en recevra une, un soir et pas un autre, ou s'en fera régulièrement menacer, sans savoir quand le coup tombe. Résultat, s'il apprend quelque chose, c'est à développer son indifférence ! Toutes les études le disent, plus on lève la main sur un enfant, plus il devient sournois, menteur et agressif. En trente-huit ans de pratique dans mon cabinet, je vous assure que ceux qui n'ont jamais reçu de fessée sont les mieux élevés, plus à l'écoute des adultes et de leur autorité.

Comment manifester son autorité auprès de son enfant ?
Quand on tape, on a déjà perdu son autorité ! Je sais bien qu'on vit dans une société où les parents sont très pris et, dans la précipitation, il est plus facile de taper que de se poser pour réfléchir. L'enfant auquel on n'arrive pas à mettre de limites, l'« enfant roi », est un motif quotidien de consultation ! A ceux qui avouent donner une fessée, même « juste de temps en temps » et pour la plupart en sont attristés j'explique depuis trente ans que ça ne sert à rien. Quand l'enfant provoque, que vous êtes fatigué, mieux vaut une « exclusion tranquille » : on l'envoie calmement dans sa chambre, on lui explique qu'on va se poser, de son côté. Une fois calmés, on pourra discuter.

En quoi une loi pourra-t-elle interdire une fessée à la maison ?
Il ne s'agit pas d'envoyer les parents en prison ni de les en menacer ! Je ne propose d'ailleurs pas d'inscrire la loi dans le Code pénal, mais comme en Allemagne, dans le Code civil. L'article serait lu aux parents lors du mariage. Une loi, c'est dire que l'Etat pose une interdiction. Et la faire connaître, c'est changer les mentalités. Quand la Suède l'a interdite, en 1979, 70 % des parents étaient opposés à l'interdiction. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 10 %.

La secrétaire d'Etat à la Famille disait il y a un an qu'il n'y aurait pas en France de suite législative à l'appel européen…
Je n'ai aucune garantie que le gouvernement la reprenne, mais je serai entêtée ! Si la France est à la traîne, c'est effectivement qu'on s'y refuse à prendre une décision impopulaire, qui se mêle de ce qui se passe en famille. Mais la protection de l'enfant n'est pas qu'affaire de sphère privée. La défenseure des enfants a d'ailleurs pris position l'an dernier pour une loi contre les châtiments corporels en France.

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1/0PARIS (XVIIe), VENDREDI. Selon Edwige Antier, donner la fessée c'est perdre son autorité.  
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