Dès aujourd'hui, les lycéens d'Ile-de-
France, ceux en seconde en priorité, ont droit au pass
santé contraception.
Qui est concerné ?
Les élèves de 2de des lycées publics, des lycées privés sous contrat et aussi des centres de formations d'apprentis (CFA). Soit environ 77000 filles et 82000 garçons de la tranche d'âge 15-16 ans. « On s'est aperçu que c'est au
cours de l'année de 2de que la majorité des filles ont leur premier rapport », explique-t-on à la région. « Mais si une fille de 1re ou de terminale demande un pass contraception, on ne lui refusera pas. »
Où l'obtenir ?
Dès aujourd'hui auprès de l'infirmière scolaire du lycée (celle-là même qui détient déjà la fameuse pilule du lendemain). Mais c'est à l'élève de faire la démarche de demander le pass. « On ne le distribuera pas spontanément comme des Dragibus, précise-t-on à la région. C'est aux lycéens de venir voir l'infirmière, ou le référent santé dans les centres de formations d'apprentis . »
Comment les jeunes seront-ils au courant ?
La région Ile-de-France mise sur une campagne de communication qui tournera pendant deux mois sur les réseaux sociaux comme Facebook ou MSN, mais aussi sur les ondes des radios préférées des adolescents : NRJ, Skyrock, Voltage, Ado, Fun Radio, FG, Nova, Virgin, Evasion, Beur FM, Africa No 1…
L'anonymat sera-t-il respecté ?
Même si le jeune qui demande un pass doit remplir une attestation de remise, « notre dispositif est totalement anonyme et gratuit, insiste-t-on à la région; on ne prend que les coordonnées et le numéro de portable du jeune. Ses parents n'en savent rien ». Garantir cet anonymat est, de fait, le plus important. Car le tabou de la sexualité des adolescents, et surtout des adolescentes, est une des raisons qui fait que le nombre d'IVG de mineures augmente encore. En clair, le système actuel repose sur une grande hypocrisie : l'avortement anonyme et gratuit pour les mineures, la pilule du lendemain anonyme et gratuite pour les mineures, mais la pilule « normale », non. Jusqu'à 18 ans, les jeunes gens sont inscrits sur la carte Vitale des parents, donc, pour obtenir la pilule et se la faire rembourser, ils sont censés parler de leur sexualité à leurs parents, ce qu'ils font peu…
Qui va payer ?
Le conseil régional d'Ile-de-France, exclusivement. « Le coût du pass contraception pour la région pourrait être de 7 à 9 M€ par an, soit à peu près ce qu'on met tous les ans dans la gratuité des livres scolaires », confie le président, Jean-Paul Huchon. C'est donc la région qui remboursera directement les praticiens qui accepteront de recevoir les lycéens, et surtout les bons du pass santé contraception. La Sécurité sociale, sollicitée par la région, n'a pour sa part pas souhaité participer au remboursement des médecins.
Quelle suite ?
Le pass santé contraception n'est valable que pour une durée de six mois au maximum. Mais après? « Après, on espère que la jeune fille aura pris le pli et retournera voir le médecin pour poursuivre sa contraception », précise-t-on à la région. Problème : à16 ans, une adolescente est encore sur la carte Vitale de ses parents… D'où l'idée lancée par Jean-Paul Huchon (voir son interview ci-dessous) d'attribuer une carte Vitale aux jeunes dès 16 ans.