Relier par un
métro léger, circulant à l'air libre, le terminus de la ligne 3 du métro au futur tramway T1 prolongé. C'est le rêve du maire (PC) de Bagnolet, Marc Everbecq. Longtemps attaché à l'idée d'un téléphérique urbain pour désenclaver le quartier de la Noue sur les hauteurs de la ville, l'élu défend maintenant un métrocâble construit sur les talus de l'autoroute A 3 et qui s'étendrait sur 2,2 km depuis le pôle multimodal Gallieni jusqu'à Romainville via Montreuil. Un projet qui séduit au-delà de Bagnolet puisque le syndicat intercommunal
Paris Métropole l'a retenu parmi les 74 initiatives pour « construire la métropole de demain » et que l'agglomération Est Ensemble l'a inscrit dans son cahier d'
acteur remis à l'occasion de la consultation sur les projets de supermétros, réclamant son inscription au plan de mobilisation 2 de la région Ile-de-France.
Moins cher qu'en souterrain
Marc Everbecq devrait d'ailleurs rencontrer dans les prochaines semaines le président PS de la région et les membres du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), potentiels financeurs du métro, pour leur présenter les résultats d'une étude de Systra, filiale de la SNCF et de la RATP. Les ingénieurs se sont inspirés du Mandalay Bay, un métrocâble qui dessert les casinos de Las Vegas. « Cela ressemblera un peu à Orlyval, sauf que chaque cabine pincera un câble qui la tractera, explique le maire. Ce sera sans bruit, écologique, mais aussi moderne et contemporain : une vraie alternative à l'empire de la voiture. »
Perché à 6 m du sol, le minimétro automatique circulera à 40 km/h, pourra transporter 8000 passagers à l'heure et comptera 4 stations : une à Bagnolet, deux à Montreuil et le terminus de Romainville, là où doit passer le prolongement du tramway T1 entre Noisy-le-Sec et Val-de-Fontenay.
« L'avantage du système, c'est qu'on pourra faire évoluer la fréquence en fonction de sa fréquentation par un rajout de cabines », complète Daniel Bernard (Parti de gauche), adjoint à l'urbanisme. L'élu met également en avant son coût relativement modeste — « 50 millions d'euros pour 2,2 km contre 150 millions d'euros du kilomètre pour un métro enterré » — et imagine déjà un possible raccordement au futur tram des Maréchaux dans la perspective de la requalification de l'échangeur de Bagnolet par la Ville de Paris. En attendant, d'ici à la fin 2012, des études de faisabilité seront lancées et une campagne de concertation menée auprès des habitants. Reste qu'au moment où les projets de transports en commun se bousculent dans l'Est parisien, la ville devra batailler pour que son projet ne finisse pas au rayon des belles utopies.