Le PSG peut-il encore compter sur
Kevin Gameiro ? Transféré l'été dernier pour 13 M€ en provenance du
FC Lorient, l'attaquant international (8 sélections) peine toujours à justifier une réputation assez flatteuse de buteur en série. Combatif et volontaire, on lui a trouvé jusqu'à présent des circonstances atténuantes pour justifier son manque d'efficacité. Parfois à raison. Mal servi par Nene, oublié par Ménez, zappé par Pastore, les stars de l'attaque n'ont jamais joué pour lui. « A Lorient, il n'était pas du genre à râler quand les ballons n'arrivaient pas, témoigne Yann Jouffre, son ex-coéquipier chez les Merlus. C'est assez rare chez un buteur. »
Au Parc des Princes, il manque de réalisme
Ce caractère discret, voire effacé, lui a peut-être porté préjudice. Aujourd'hui encore, Carlo Ancelotti apprécie l'intelligence des déplacements de son avant-centre, auteur d'un doublé face aux amateurs de Sablé en
Coupe de France. Gameiro sent le jeu et sait se trouver au bon endroit au bon moment. Une qualité appréciable mais hélas non suffisante en Ligue 1. A première vue, son bilan brut semble pourtant correct. Avec neuf buts en 21 matchs de championnat, l'avant-centre du PSG figure même en 2e position du classement des buteurs de L1, derrière le Montpelliérain Olivier Giroud (15 réalisations) et à égalité avec le Marseillais Loïc Rémy. Mais ce bilan est trompeur. Il est embelli par le triplé réalisé à Ajaccio et par un penalty inscrit contre Nice.
Et c'est au Parc des Princes que les stats de Gameiro laissent transparaître l'ampleur du malaise. A domicile, la machine s'enraye. Le no 19 parisien marque très peu, deux buts seulement, et le dernier inscrit dans le jeu remonte au mois… d'août 2011, face à Valenciennes. Plus significatif encore, lorsqu'il évolue sous les yeux du public parisien, ses frappes ne trouvent le cadre qu'une fois sur trois (9 frappes cadrées sur 28 tirs depuis le début de la saison). A l'extérieur, son ratio est bien meilleur (environ 2 frappes cadrées sur 3). Gameiro aurait-il un problème avec le Parc? Un manque de confiance? A domicile comme à l'extérieur, Giroud et Rémy, deux de ses concurrents en équipe de France, flirtent avec les 50% de frappes cadrées. Dans ces conditions, est-il toujours l'homme de la situation? Pour l'instant, Gameiro domine toujours Hoarau, son seul concurrent direct au club, et bénéficie en ce moment de l'indisponibilité de Javier Pastore. Quand l'Argentin fera son retour à la compétition, vers la fin du mois de février, la question se reposera avec plus d'acuité. Ancelotti pourrait alors lui préférer Jérémy Ménez, voire Pastore, à la pointe de l'attaque.
Demain, face à Evian Thonon Gaillard, Gameiro a l'occasion de faire taire ses détracteurs. A plus long terme, son avenir au PSG semble de toute façon très incertain. « On cherche toujours un attaquant », vient de rappeler Ancelotti.