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Jean Sarkozy trouble l'UMP

>Politique|14 octobre 2009, 7h00|
Politique

A gauche, on s'indigne à l'idée de voir le fils du chef de l'Etat devenir président de l'Epad. Et les élus de la majorité ne sont pas très à l'aise face à cette nouvelle affaire.

Jean SARKOZY persiste et signe. Interrogé hier soir sur France 3, il a confirmé qu'il irait « jusqu'au bout ». Décidé à ne pas abandonner la conquête de l'Epad (Etablissement public d'aménagement de La Défense), le fils du président a martelé qu'« il ne s'agit pas d'une nomination, mais d'une élection » et qu'il « tire sa légitimité du suffrage universel ». Mais sa détermination n'arrange pas les affaires des députés de la majorité. Après « l'affaire Frédéric Mitterrand » la semaine dernière, ils doivent encaisser cette semaine « l'affaire Jean Sarkozy ». Hier matin, en réunion du groupe UMP, le député des Yvelines, Pierre Cardo, a estimé que la future accession du fils du président à la tête de l'Epad (Etablissement public de La Défense) ne « simplifie pas » l'élection de David Douillet. En ballottage favorable dans l'élection législative partielle des Yvelines, l'ex-judoka bat la campagne pour le second tour, dimanche prochain.
« C'est un petit tsunami. Il faut qu'il fasse gaffe »
«Au premier tour, on a déjà eu des attaques sur la taxe carbone et sur les affaires de quelques membres du gouvernement », a rappelé Cardo, faisant allusion à la polémique sur Frédéric Mitterrand, présent à la réunion. « Et maintenant, pour le second tour, on a l'affaire de l'Epad », a déploré Cardo, ajoutant qu'il « entend en circonscription des parents dont les enfants ne trouvent pas de stage ». Ses collègues l'ont applaudi. René Couanau (Ille-et-Vilaine) a ironisé : « Il y a un problème de ressources humaines dans les Hauts-de-Seine ! » Habituellement adepte de la « libre parole » pour ses troupes, Jean-François Copé a immédiatement mis fin au débat. Du coup, la gêne des députés UMP s'est exprimée dans les couloirs. « Tout cela crée un climat dans lequel l'exemplarité des gouvernants est mise en cause », regrette Hervé Mariton (Drôme). « La candidature de Jean Sarkozy à l'Epad est inopportune. La politique, c'est aussi l'art de la finesse », estime Jacques Myard (Yvelines). « C'est une catastrophe », commente, sous couvert d'anonymat, un autre élu. « Le président ne doit pas perdre de vue qu'il doit garder, s'il veut être réélu en 2012, sa majorité et son électorat, met en garde Lionel Luca (Alpes-maritimes). Là, c'est un petit tsunami. Il faut qu'il fasse gaffe. » Le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan se réjouit quant à lui des « cinquante adhésions » enregistrées par son parti ces derniers jours, « d'ex-militants UMP écoeurés par le double langage de Sarkozy ».
Les sarkozystes sont bien sûr montés au créneau pour défendre le fils du chef de l'Etat. Patrick Balkany (Hauts-de-Seine) affirme qu'« on n'a jamais demandé leurs diplômes aux autres présidents de l'Epad. Il y en a même un qui avait un diplôme de kiné ! » Yves Jégo (Seine-et-Marne) parle de « totalitarisme » et de « chasse à l'homme ». Pendant la séance des questions d'actualité, interpellé par la socialiste Michèle Delaunay, le gouvernement a envoyé en première ligne Benoist Apparu, le jeune (39 ans) secrétaire d'Etat au Logement. Il a fait valoir dans l'hémicycle, sous les huées de la gauche, la « double légitimité » de Jean Sarkozy, « élu au suffrage universel direct » au conseil général et bientôt « élu par ses pairs » à l'Epad. Ne recueillant que de rares applaudissements sur les bancs de la majorité.
Interrogé hier soir sur France 3, Jean Sarkozy a confirmé sa ligne de défense face aux attaques dont il est l'objet, en martelant qu'à l'Epad « il ne s'agit pas d'une nomination mais d'une élection » et qu'il « tire sa légitimité du suffrage universel ».Confiant que cet épisode «n'est pas forcément le moment le plus agréable depuis que je me suis engagé en politique », il persiste et signe : « Bien sûr, j'irai jusqu'au bout. »
 

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1/0ASSEMBLEE NATIONALE (PARIS VIIe), HIER. Pendant la séance de questions, c'est Benoist Apparu, le secrétaire d'Etat au Logement, qui a défendu la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad sous les huées de la gauche.
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Jean SARKOZY persiste et signe. Interrogé hier soir sur France 3, il a confirmé qu'il irait « jusqu'au bout ». Décidé à ne pas abandonner la conquê...
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