Il y a huit mois, Fabrice* quittait son emploi de fonctionnaire. Virtuose des cartes depuis plusieurs années, ce trentenaire décidait alors de se lancer dans le poker professionnel. Aujourd’hui, à coup de paires, de suites ou de brelans, il gagne 2 500 € par mois et joue principalement sur des sites Internet domiciliés à l’étranger.
« Cette loi va tuer mon activité, puisqu’elle obligera les Français à jouer uniquement entre eux. Or, la grande majorité de mes adversaires actuels sont des étrangers, et je réalise la plupart de mes gains lors de gros tournois internationaux. Si je ne peux plus y participer, impossible pour moi de vivre du poker sur Internet en habitant en France », se désole-t-il.
Et comme il n’envisage ni de coucher définitivement son jeu, ni de faire ses bagages pour l’étranger, Fabrice réfléchit à une solution de secours : « Je vais sûrement me faire domicilier en Angleterre, pour continuer à jouer avec le monde entier. Mais cette situation est absurde, puisque l’on va se retrouver avec une législation contournée par tous les joueurs professionnels. Moi qui étais prêt à déclarer mes gains… » Selon lui, le principe même de la loi ne prend pas en compte le fonctionnement d’Internet. « Essayer de cloisonner le Web n’a aucun sens, et c’est aller contre la logique du jeu que de vouloir réduire son champ », conclut-il, prédisant au passage que, « comme en Italie (NDLR : où des mesures similaires sont appliquées depuis un an), la fréquentation des sites de poker chutera en France avec cette loi ».
* Le prénom a été changé.








































