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Derrière les jeux, d’énormes enjeux

DANIEL ROSENWEG | Publié le 09.06.2010, 07h00


Le PMU compte bien être dans le tiercé gagnant dès 2011, en attirant de nouveaux joueurs grâce aux paris en ligne.

Le PMU compte bien être dans le tiercé gagnant dès 2011, en attirant de nouveaux joueurs grâce aux paris en ligne. | (scoop dyga/jean-philippe martini.) Zoom

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Derrière l’ouverture des jeux sur , les enjeux foisonnent. Jusqu’ici illicite sauf pour le et la (FDJ) qui ont déjà investi la Toile, le marché français est estimé à environ 2 Mds€ la première année. Ensuite, il devrait s’élever à 5 Mds€. Un pactole pour les opérateurs de jeux en ligne autorisés par l’Autorité de régulation comme Betclic.

fr, Eurosportbet.fr, Leturf.fr ou Sajoo.fr. Quelle que soit l’issue de la bataille qui s’engage aujourd’hui sur le Net pour conquérir les amateurs de jeux et de paris en ligne, il y aura un vainqueur : c’est l’Etat. En ramenant dans le giron de la légalité les deux millions de joueurs-clients des 6000 sites illégaux, le fisc devrait engranger une recette de 350 M€ par an. A chaque pari sportif ou hippique, l’Etat perçoit en effet une taxe correspondant à 7,5% du montant des mises (2% pour le poker).
Une fiscalité jugée « trop lourde » par les nouveaux opérateurs comme Betclic. D’autant que d’autres obstacles sont à franchir pour s’imposer. Ainsi, la loi a fixé à 85% le pourcentage des mises rendues aux joueurs sous forme de gains. C’est beaucoup plus faible que chez nos voisins européens — 95% dans les pays où les jeux sont déjà libéralisés —, mais cette disposition, qui risque de dissuader certains d’aller sur les sites légaux, a un objectif : protéger la Française des jeux et le PMU.
C’est le troisième enjeu. Sommée dès 2006 par Bruxelles de libéraliser son marché des jeux d’argent, la France a traîné des pieds, le temps pour la FDJ, détenue à 72% par l’Etat, et le PMU, soutenu par le puissant lobby de la filière hippique, de fourbir leurs armes. Entrée en vigueur in extremis pour la Coupe du monde de foot, la loi est taillée sur mesure. Ainsi, elle autorise la FDJ et le PMU à conserver leurs points de vente alors que la concurrence n’aura pas droit d’en créer.
Du coup, Christophe Blanchard-Dignac, le patron de la FDJ, vise la première marche du podium avec une part de marché de 25% dès 2012 et le PMU compte figurer dans le tiercé de tête dès 2011. Pour rester dans la course, leurs concurrents se sont adossés à des médias majeurs : Eurosportbet avec TF 1, Bwin avec le groupe Amaury, Betclic avec Europe 1… Avec en retour pour les médias un enjeu publicitaire de taille.

 

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