Les commerçants des rues piétonnes du centre-ville de Compiègne sont sous haute tension. Depuis mercredi, les pics de
consommation dus aux températures glaciales ont eu raison des câbles souterrains, trop vétustes (notre édition d'hier), et les pannes d'électricité s'enchaînent.
Vendredi soir, à 22h30, le sénateur-maire Philippe Marini annonce fièrement le rétablissement de l'électricité. Une bonne nouvelle qui aura tenu jusqu'à hier. A 10 heures, alors que les commerçants lèvent leur rideau, c'est de nouveau la panne. Une quinzaine de boutiques doivent renoncer au dernier week-end de soldes.
« Les agents d'ERDF ont délesté une partie du réseau sur un autre poste, mais un fusible a brûlé quand les commerçants ont allumé leurs lumières, explique l'adjoint chargé de la voirie, Eric Hanen. On a commandé un générateur à ERDF pour faire la transition en attendant une réparation définitive du réseau. »
Rue de la débrouille
Depuis, dans le Vieux-Compiègne, la rue des Lombards est devenue le royaume de la débrouille. Les passants enjambent les kilomètres de câbles et les commerçants se dépannent l'un l'autre comme ils le peuvent.
Le restaurant la Calabraise a loué un générateur et prête ses prises de courant aux riverains. « Au moins, ça leur permet de se laver à l'eau chaude, indique la responsable, qui a jeté des kilos de nourriture. Nous avons pu rouvrir, mais ce ne sera pas sans conséquences. » Le restaurateur de la rue des Cordeliers a moins de chance. « Il est en tout électrique et a dû fermer. » Le Coq d'Or a fait réchauffer une choucroute sur le gaz pour ses habitués. « On n'a pas pu faire mieux, souligne François Bayard, le patron. En plus, on a mangé dans le noir! »
Mais l'absence de lumière n'a pas rebuté tout le monde. Le magasin Cache-Cache a été pris d'assaut. « On n'a ni lumière ni chauffage, mais il reste la musique et la caisse enregistreuse et nos produits soldés sont devant la porte. Les clientes peuvent voir ce qu'elles achètent… »
La palme de la malchance revient à la maroquinerie le Tanneur qui n'avait pas été touchée jusqu'alors. « Les portes automatiques se sont refermées alors que ma responsable et des clientes étaient à l'intérieur. Elles sont restées trois quarts d'heure coincées, et maintenant, c'est le rideau de fer qui refuse de fonctionner. » Un policier municipal vient surveiller la boutique le temps de régler le problème.
Les riverains pouvaient être relogés par la ville dans une salle municipale, mais une seule famille l'a souhaité. « Beaucoup sont allés dans leur famille ou sont restés chez eux, comme moi, témoigne un habitant. Pendant trois jours, j'ai eu 8 oC. Mes mains sont gelées et ont doublé de volume. »
Vigilant, Jean-Pierre Lenglet,
président de l'association des commerçants Compiègne 3V, fait du porte-à-porte. « On attend de la neige. J'essaye d'aider comme je le peux, je fais remonter les problèmes en mairie. En tout cas, c'est une fin de soldes catastrophique. »