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25 mai 2012 Mise à jour, 16h50 Toute l'actualité RSS Widget Twitter Facebook Abonnement Abonnement Newsletter Newsletter Mobile Mobile iPad iPad Ajouter en page d'accueil Ajouter en page d'accueil

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Nous sommes tous bavards

Les bavards sont partout, surtout à l'école. Ce que déplore une enseignante dans un ouvrage qui sort aujourd'hui.

 
25.01.2012
A l'école, au , pendant une cérémonie de mariage… le bavardage est partout! Et Florence Ehnuel, professeur de philosophie dans un lycée de la région bordelaise, le considère comme une nuisance. Cette quadragénaire sort aujourd'hui un ouvrage sur la question, intitulé « le Bavardage. Parlons-en enfin »*, avec ce sous-titre en forme de plaidoyer « Pour une classe à l'écoute ». « J'en ai souffert pendant toutes mes années d'enseignement, explique-t-elle. Je le vivais avec un sentiment de culpabilité. Je me disais que mes n'étaient pas assez captivants. J'ai essayé d'inventer des séances attrayantes, de trouver des types de négociation sans passer par la punition. Et puis, l'année dernière, j'ai eu le déclic. Je me suis dit que ça n'était pas de ma faute, et que le vrai problème, c'est que les élèves ne savaient pas se taire. » L'auteur l'affirme : bavarder n'est pas anodin : « Ça brouille le message que l'on veut faire passer. Ça bloque la transmission du savoir. » Le bavardage serait, selon elle, un phénomène « sous-estimé » : « Dans les films sur l'école, on ne montre jamais l'activité majeure d'une classe, c'est-à-dire le bavardage! » L'auteur s'amuse de l'une des scènes de « l'Esquive », le d'Abdellatif Kechiche, où l'on voit la classe écouter en silence un cours sur une pièce de Marivaux : « C'est absolument impossible dans la réalité! » Après quinze années de tentatives pour établir le silence, l'enseignante a tout simplement arrêté de négocier et « fait le deuil d'une éducation sans punition ». « Ça ne sert à rien, tant qu'ils n'ont pas appris à se taire. Aujourd'hui, je n'ai plus de scrupules à les séparer. Et s'ils continuent, je leur demande un devoir à faire sur place. Si ça ne les arrête pas, je les exclus de cours. » Pour Florence Ehnuel, le problème du bavardage dépasse les jeunes : « On n'est pas dans une culture de l'attention. Les informations sont très morcelées. C'est une culture du scoop. Ils sont happés par de petits textes brefs, rapides sur leurs smartphones. » Les jeunes ne sont d'ailleurs pas les seuls concernés. Les gens parlent facilement au cinéma, chuchotent à l'opéra, et continuent même d'échanger lors du moment solennel du mariage. « L'écoute et le silence ne sont pas des valeurs actuelles. L'école doit réapprendre cela aux jeunes », estime Florence Ehnuel. Rendre les cours plus surprenants et ludiques Le bavardage n'a pourtant pas que des mauvais côtés. « Il permet de mesurer l'intérêt ou l'implication que les élèves prennent au cours que nous sommes en train de leur dispenser », reconnaît même la prof anti-blabla. Il pousse également les enseignants à inventer des cours « plus surprenants, plus ludiques, plus ajustés ». Depuis 2009, l'université de Purdue aux Etats-Unis (Indiana) a ainsi développé Hotseat, une plate-forme de communication instantanée pour canaliser le bavardage. Les étudiants doivent répondre rapidement aux questions de leur professeur, via leur ordinateur ou leur smartphone, par des réponses courtes. Les premières évaluations montrent que le système améliore la participation et diminue le sentiment d'isolement des enseignants et des élèves. *« Le Bavardage. Parlons-en enfin. Pour une classe à l'écoute », Florence Ehnuel, (Fayard), 14 €.
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Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Société

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