Au collège-lycée Joffre de Montpellier, quatre fois par semaine, à 12h45, c'est l'heure des échecs. Une centaine d'élèves, de la sixième à la terminale, suivent l'enseignement de Patrick Loubatière. Ce professeur de français est aussi prof de ce jeu de stratégie. Dans cet établissement, on n'a pas attendu la circulaire du ministère (lire encadré) qui prône le développement des
cours d'échecs : on l'enseigne depuis 1996. Dans la salle, les échiquiers sont cernés par les casse-croûte dans une ambiance tantôt de concentration, tantôt de belle excitation, surtout avec les petits de 6e qui n'ont que cinq mois de cours. « Je trouve ça très intéressant. Avant je jouais de temps en temps avec mon père. C'est très bon pour la mémoire visuelle », explique Esther, 11 ans. Un peu plus loin, les aînés soignent leur préparation. « Cela fait dix ans que j'en fais. C'est idéal pour la mémorisation et aussi pour l'attention », explique Younès, 18 ans, très bon élève de terminale S. « Je joue pratiquement une heure par jour. J'aime la compétition. Cette année, j'ai même eu l'occasion de me confronter à un grand maître », poursuit avec fierté Benjamin, 17 ans, qui défie Grégoire.
Un enseignement ludique
« Le jeu d'échecs fait du bien aux élèves, insiste Patrick Loubatière. Il fait appel à leur créativité. Il développe aussi l'esprit d'anticipation, car il oblige à construire un plan pour atteindre un objectif. Surtout, lorsqu'un enfant a du mal à s'adapter aux enseignements plus classiques, il peut retrouver confiance en lui de façon ludique. » L'enseignant, également membre de la
Fédération française d'échecs, a développé cette option qui rapporte, aux élèves, des points supplémentaires pour leur moyenne et des titres pour le lycée : seize fois champion de
France, deux fois champion d'Europe. « Les échecs obligent à une réflexion sur les stratégies. Ceci correspond à l'acquisition de la démarche d'investigations du livret de compétences de troisième », analyse encore Geneviève Couderc, qui, elle, enseigne les mathématiques. Et puis, conclut Patrick Loubatière, en ces temps de réduction des budgets, « cette option réclame juste une salle et une mise à disposition de six heures d'enseignement des échecs ».