L'association
«Rire Médecin», qui vient de fêter ses vingt ans d'existence, envoie deux fois par semaine près de 90 clowns dans 14 hôpitaux de France, pour réconforter les enfants hospitalisés. Le photographe Jacques Grison a suivi pendant plus de six mois une grande partie ces artistes, Docteur Basket, Mimi Trompette, Mister Pink, Docteur Choux-fleur... En l'honneur de cet anniversaire, l'Hôtel de Ville de Paris ouvre ses portes à l'exposition «Nez rouge, toi-même !», qui se déroule jusqu'au 18 février 2012.
Lors de l'inauguration, mardi, c'est avec émotion que le président de l'association, le Professeur Alain Fisher, chef du service d'immuno-hématologie à l'hôpital Necker, Caroline Simonds, la fondatrice de l'association, et le photographe Jacques Grison ont présenté, chacun à sa manière, tant l'exposition que l'association elle-même. Le photographe met en lumière cette trêve qu'offrent les clowns aux enfants, chaque semaine. De fait, il a choisi «la valise» comme fil conducteur de ses photos. «Tel un doudou, la valise fait le lien entre les lieux familiers et l'ailleurs, encore trop étrange [...]», explique le psychiatre Christian Marin. L'artiste a, de plus, regroupé ses clichés en cinq familles différentes ; «Être : les enfants», «Entourer : les parents», «Soigner : les hospitaliers», «Jouer : les clowns» et «Transmettre : l'avenir», des éléments indispensables les uns aux autres.
Le rire est communicatif. Les éclats de rire de l'enfant soulagent ses parents, masquent un peu cette inquiétude permanente dans laquelle ils vivent. Le personnel soignant participe aux pitreries et il a, peut-être, lui aussi, besoin de la présence de ces comédiens au sein de cette profession où le rire n'est plus forcément inné. Enfin, ce bonheur succinct est la récompense des clowns, leur source d'inspiration pour les prochaines escapades.
Tout un chacun n'a pas la capacité d'enfiler le costume de ces «hôpiclowns». Chacun d'entre eux bénéficie d'un suivi et d'un encadrement psychologique, dans le cadre de l'Institut de Formation du «Rire Médecin», qui a vu le jour l'année dernière. Dans leur bagage à eux, ils jonglent avec talent, énergie, curiosité, humilité et ont cette capacité à «empathir» -et non compatir-. Les clowns kidnappent les enfants de leur morosité mais ne vont pas à l'encontre de leurs souhaits. Les improvisations se font dans un respect total de leur état de santé, mais également selon leur humeur. Ce souci de l'éthique est illustré par ces photos, puisqu'elles n'apparaissent pas toutes, Jacques Grison ne voulant pas céder au voyeurisme.
En ce vingtième anniversaire, ils ont bénéficié du soutien de leur parrain, François-Xavier Demaison, et des deux marraines, Anny Duperey et Sara Giraudeau, ainsi que dix-sept ambassadeurs mobilisés pour cette occasion comme François Cluzet, Fanny Cottençon ou encore Zinedine Soualem. L'association a également publié un livre, Nez rouges, Blouses blanches, qui mêle l'oeuvre de Jacques Grison aux textes de Bernard Mathieu. Enfin, les «hôpiclowns» mettront en scène un spectacle, Hors piste, au mois de septembre prochain.