Au pied du sapin de Noël ne reposent pas que des consoles de jeux dernier cri, des maillots de foot du Ballon d'or de l'année ou la dernière BD de superhéros. Chèques et billets de banque trouvent aussi leur place dans les souliers des jeunes. D'après un sondage CSA-
Crédit Agricole réalisé en 2009 (voir encadré ci-dessous), 78% des enfants âgés de 6 à 15 ans disposent d'un compte épargne approvisionné par leurs parents, grands-parents et proches à l'occasion des fêtes et des anniversaires, mais aussi, parfois, plus régulièrement, par de l'argent de poche.
Un chiffre considérable qui soulève la question du rapport qu'entretiennent parents, enfants et adolescents avec ce sujet. Donner de l'argent de poche, oui, mais à partir de quel âge? « A partir du moment où il a une signification », répond Stéphanie Dugon, psychothérapeute. Un critère donc relatif, puisqu'il dépend de chaque personnalité. Mais en général, cela concerne les enfants de 6-7 ans.
« Une fois cette conscience acquise, le tout est de dialoguer », poursuit la spécialiste. Les grands-parents peuvent ainsi expliquer à l'enfant pourquoi ils versent de l'argent sur son compte, en quoi c'est important pour son avenir. D'après Christel Petitcollin, conseillère en communication et en développement personnel, donner de l'argent aux jeunes permet de leur assurer une marge d'autonomie.
Une liberté responsabilisante, mais qui doit être soumise à certaines conditions, via de petites sommes par exemple. « C'est une erreur de donner beaucoup d'argent aux ados. Ils sont mineurs, et encore sous la responsabilité de leurs parents, même si l'argent leur a été donné! » souligne-t-elle.
Stéphanie Dugon considère, elle, que du dialogue, a priori, découle une confiance réciproque indispensable à un rapport sain et équilibré — parfois difficile à l'adolescence. « L'enfant qui demande de l'argent est en attente de quelque chose de plus profond. En fait, il quête la reconnaissance de ses parents, donc leur confiance. »
Parler avant le don instaure donc un climat serein. A posteriori aussi, une fois que les achats ont été faits. Les deux experts s'accordent à dire qu'une fois l'argent de poche donné, les parents doivent laisser l'enfant le dépenser comme il le souhaite. Le jeune va apprendre de ses erreurs de
gestion, et c'est à ce moment-là que le dialogue pourra reprendre.
« Le rapport à l'argent est très révélateur, analyse Stéphanie Dugon. Il en dit beaucoup sur la personnalité. Etre très dépensier ou très économe n'est pas anodin ». A partir de 16 ans, les parents peuvent aussi inciter le jeune à travailler. Un très bon moyen pour prendre conscience de la valeur de l'argent, et donner du sens aux choses.