Omniprésent dans l’imaginaire et les créations d’Yves Saint Laurent, Paris est toujours subtilement mis en scène dans les campagnes publicitaires. ( (Photos DR) )
Quand il vivait à Oran, Yves Saint Laurent était déjà ébloui par
Paris, ses lumières et ses Parisiennes. Une sensation et une passion chevillées au corps, qui n’ont jamais cessé de l’inspirer. Voici l’histoire de ses créations olfactives capitales…
Paris impertinent
Ce slogan, « Rive Gauche n’est pas un parfum pour les femmes effacées », lancé en 1971, est bien plus qu’une simple phrase sur une affiche.
Cinq ans plus tôt – soit deux années avant Mai 68 – Yves Saint Laurent présentait son fameux smoking. Les femmes étaient toujours interdites de pantalon dans les entreprises. Avec Rive Gauche, le couturier entend faire bien plus qu’accompagner les femmes dans leur libération, il ose pour elles. À l’image de sa mode, sa seconde fragrance leur propose de s’affirmer à travers leur féminité, de la revendiquer.
Paris insuffle une certaine idée de la liberté à Saint Laurent. Le jus s’adresse à des femmes indépendantes, subversives et à la conquête de leur liberté sexuelle. « Dans Rive Gauche, les aldéhydes réagissent en tant que notes de tête, fraîches et impertinentes ; exactement comme la femme que la fragrance incarne », expliquait à l’époque le nez Jacques Polge.
Paris romantique
Mais Paris, pour le jeune Oranais, est aussi un éden, la capitale des merveilles. Une vision plus romantique représentée à travers «Paris d’Yves Saint Laurent», qu’il a créé pour toutes les Parisiennes qu’il habille. Afin de leur offrir, selon ses propres mots, «la vie en rose…» Bref, un énorme bouquet de roses et de violettes comme des symboles de cette féminité sophistiquée qu’il affectionnait tant. S’amusant de la ville et de ses symboles – ses atours presque –, Paris et Saint Laurent fusionnent dans ce jus, avec ce «Y» à l’envers que représente la tour Eiffel. Il rêvait d’offrir un parfum à sa ville. Il l’a fait en s’inspirant de son orient natal, puisque les roses qu’il imaginait étaient «celles des jardins exotiques de Marrakech». Pari réussi.
Paris libéré
Loulou de la Falaise, Betty Catroux… Yves Saint Laurent s’est toujours entouré de femmes libres, de corps et d’esprit. Lancé en 2009, Parisienne est la fille de Rive Gauche et de Paris. Elle ne vit pas forcément dans la capitale, mais c’est une ville qui la comprend, qui l’a adoptée. Elle est avant tout affranchie : c’est la digne héritière de l’amazone des années 70. La base de l’histoire est la même: un bouquet de roses et de violettes. Mais au XXIe siècle, il est teinté d’un accent cuiré, de musc et de patchouli, car on retrouve la Parisienne au petit matin et ce n’est plus seulement une histoire d’amour. Aucune provocation : elle est élégante et c’est à travers cette élégance que se lit sa grande liberté. Le couturieraurait-il imaginé le jus et l’histoire de cette Parisienne autrement?
Yves Saint Laurent et Paris en 7 dates :
1954 : le jeune Yves Henri Donat Mathieu-Saint-Laurent arrive à Paris pour intégrer la Chambre syndicale de la haute couture. Il a 18 ans.
1962 : Yves Saint Laurent présente la première collection de sa propre griffe.
1971 : lancement de Rive Gauche. La même année, le couturier devient l’égérie du parfum masculin Homme en posant nu.
1978 : création d’Yves Saint Laurent Beauté.
1983 : la fragrance Paris est lancée.
2002 : pour l’anniversaire des 40 ans de la création de sa maison, Yves Saint Laurent fait ses adieux au monde de la mode et de la beauté.
2009 : Parisienne est née, Kate Moss est son visage.
2011 : Marine Vacth devient la nouvelle égérie de Parisienne.