EN ROUTES, PAPILLES ! Mercredi dernier, nous avions rendez-vous avec Yan et Jack, deux Chinois originaires de Shanghai et installés depuis juin à Hong Kong. Nous nous sommes retrouvés à Tai Wo, une station située à 40 minutes du cœur de Hong Kong dans les Nouveaux Territoires, pour déguster leur plat préféré : les crabes poilus.
Jack et Yan, un couple chinois que nous avons rencontré grâce au site couchsurfing.com A peine arrivés, nous nous dirigeons vers le
marché de Taipo, connu pour être le plus vieux de la ville, afin de choisir les crabes. Une fois devant l’étal, Jack retourne consciencieusement tous les crabes et les soupèse pour essayer d’évaluer lesquels seront les plus gras et donc les meilleurs. Au final, nous choisissons six crabes, quatre males et deux femelles. Nous passons aussi acheter du gingembre et du vinaigre de riz brun pour préparer la sauce des crabes. Pour le dessert : un pamplemousse chinois, de la forme d’un énorme citron, et un fruit du dragon viendront finir le repas. En sortant du marché, nous allons prendre un apéro particulier : une soupe de serpent. Yan et Jack ont prévu ça pour nous divertir puisque ça ne fait pas partie de leurs habitudes d’en manger. Nous partageons le même avis sur le goût du serpent, à mi chemin entre un poisson fade et du poulet. Comme le tout est servi dans une soupe au gingembre et à la peau d’orange, ça se laisse déguster. Une petite cuillerée de serpent en guise d’apéritif Passée cette mise en bouche exotique, et avant d’aller préparer les crabes, nous nous dirigeons dans un restaurant cantonais. La cuisine de Canton est très présente à Hong Kong, puisque c’est la province chinoise la plus proche. On commande la spécialité de la maison : deux plats de riz préparés dans des casseroles en terre cuite. Dans le premier plat de riz nous retrouvons une spécialité qu’on pensait exclusivement de chez nous : des cuisses de grenouille. A vrai dire, je ne me souviens pas à quand remonte les dernières cuisses de grenouille que j’ai mangée en
France. Nous avions déjà vu des grenouilles vivantes à vendre au marché et nous avons donc la confirmation qu’il ne s’agissait pas d’en faire des animaux de compagnie. Des grenouilles en cage au marchéDans le second plat de riz, se trouvent deux aliments familiers, pour une curieuse association : des petites saucisses parfumées à l’alcool de riz et un poisson au goût d’anchois. Saucisses et poisson, un drôle de mariageC’est enfin le moment d’aller chez nos hôtes pours déguster les crabes poilus. Yan et Jack vivent dans une résidence constituée d’immenses immeubles. Dès l’arrivée, nous nous dirigeons vers la cuisine pour laver les crabes poilus à l’eau et en s’aidant d’une petite brosse à dent. Nous les plongeons ensuite dans des casseroles d’eau bouillante. Les crabes cuisent 20 minutesLa cuisson dure 20 minutes, le temps qu’il faut pour préparer la sauce. Jack commence par éplucher du gingembre qu’il émince avant de le presser et de le mélanger avec du vinaigre brun de riz et du sucre. Il n’y a pas de quantité précise à respecter. On ajoute du sucre en fonction de l’acidité du vinaigre. Jack écrase le gingembre qu’il a émincé dans du vinaigre et du sucreDurant le repas, Jack nous explique que cette sauce est « chaude » et qu’elle compense la « froideur » du crabe. La médecine traditionnelle chinoise classe tous les aliments en 3 catégories : chaud, tempéré et froid. Il ne va pas de soi d’attribuer une température à un aliment, les oranges par exemple sont des aliments chauds au même titre que le piment. Et au sein d’un groupe d’aliments comme les crabes, certains sont chauds et d’autres sont froids. Manger pendant un repas trop d’aliments chauds ou froids peut nuire à la digestion ou causer divers maux d’estomac. Ainsi, ils nous déconseillent de boire de l’eau avec nos crabes et préfèrent nous servir un thé en fin de repas. Les crabes sont assez petits, suffisamment pour les manger sans couvert. Il faut casser les pattes avec les dents, créer un appel d’air et aspirer la chair. Ce n’est pas très élégant et j’ai fini par utiliser les pinces du crabe comme des petites fourchettes. Mais ce n’est vraiment pas évident de se servir de ses dents. Jack entamait déjà son deuxième crabe qu’Isabelle n’en était qu’à la moitié des pattes du sien. La chair du crabe ressemble à celle d’un tourteau, la vraie différence se trouve à l’intérieur de la carapace. On y trouve un corail très doux, presque sucré. A la fin, on peut même boire le reste de sa sauce et mâchouiller les bouts de gingembre. Une recette facile à faire, avec une sauce qui accompagne aussi bien les crabes qu’une classique mayonnaise.