«Putain de Jeux olympiques de merde… J'y arriverai pas. J'y arriverai pas.» A chaud, après sa catastrophique prestation,
Brian Joubert avait laissé éclater son dépit. Plombé par une chute sur un triple lutz, le Français ne peut plus rien espérer de cette compétition dominée par le Russe Plushenko. Il est revenu hier sur ce fiasco pour faire son mea culpa.
Êtes-vous en colère contre vous-même ?
Brian Joubert. J'ai des choses à changer qui ne vont pas dans mon comportement depuis deux ans et un certain événement personnel. Je ne suis plus moi-même. Je suis agressif, toujours sur les nerfs, jamais relax. Le travail a été fait à l'entraînement, mais pas en compétition, et ce n'est pas dans mes habitudes. C'est un souci extérieur au patinage, dans ma vie (NDLR : notamment le divorce de ses parents).
Vos proches évoquent un blocage par rapport aux JO ?
Je ne pense pas que ce soit le problème.
Il n'y a donc pas de problème mental ?
Bien sûr qu'il y a un problème dans la
tête. Mais c'est dans la vie de tous les jours. J'ai des choses à changer dans mon comportement. Ma mère va m'aider.
N'êtes-vous pas aussi victime d'une saturation mentale ?
On fatigue toujours un peu mentalement. Mais mon mauvais comportement m'a beaucoup fatigué. Si cette énergie, je l'avais transférée sur la piste, les résultats seraient différents. J'ai pris les choses à l'envers.
Avez-vous assez travaillé depuis quelques mois ?
Un titre olympique ne se travaille pas en trois semaines. On a bien bossé depuis trois semaines, mais il fallait le faire depuis deux ans. Je n'étais plus moi-même. Je ne me suis peut-être pas assez concentré sur le patinage aussi. Que je le paye aujourd'hui, je trouve cela logique. C'est dommage pour les personnes qui m'ont soutenu. Je m'en veux beaucoup. Je n'ai pas de problème technique mais, si je m'allège mentalement, cela va repartir de plus belle, car j'en ai fait un peu trop à ma tête.
C'est une
crise d'adolescence ?
Ma mère me l'a dit : « Tu fais ta crise d'adolescence maintenant. » Ce n'était pas le bon moment (rire). Il aurait fallu la faire l'année prochaine. Je veux être quelqu'un de bien.
Allez-vous continuer après les Mondiaux de Turin (NDLR : du 22 au 28 mars 2010) ?
Oui. On va faire un test avec les autres patineurs pour savoir qui va aux Monde. Car ce n'est pas avec une prestation comme celle-là que je dois y aller. Il est hors de question que je prenne la place de quelqu'un pour faire une compétition catastrophique.