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ONU : Juppé voit «une chance» de compromis sur la Syrie

 
31.01.2012
Pas encore de résolution, mais un espoir. Au sortir d'une réunion du Conseil de sécurité, consacrée à la Syrie à la demande de la Ligue arabe, le chef de la diplomatie française a estimé qu'il restait «une chance» de parvenir à un compromis avec Moscou «dans les prochains jours», en particulier sur le sort du Bachar al-Assad, un des points d'achoppement.  Les 15 pays membres du Conseil ont adopté dans la nuit un projet de résolution. Ce texte reprend les grandes lignes d'un plan proposé par la Ligue arabe, mais aucun vote n'était prévu mardi, selon des diplomates. Sa dernière version donne quelques gages à la Russie, soulignant la nécessité de résoudre la «de manière pacifique» et précisant condamner «toute violence, d'où quelle vienne», ajouts jugés pour l'instant insuffisants par Moscou. Outre la protection des civils, le projet prévoit le transfert de l'autorité de Bachar el-Assad à son vice-président avant la formation d'un gouvernement d'union. «Nous nous réunissons pour que cesse le silence scandaleux de ce Conseil» Le chef de la diplomatie britannique William Hague a évoqué «des discussions avec la Russie et les autres pays dans les prochaines 24 heures pour voir si nous pouvons progresser». L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a admis que la dernière mouture du projet de résolution contenait «certains éléments (...) qui donnent l'espoir» d'un compromis. «Aujourd'hui, nous nous réunissons pour que cesse le silence scandaleux de ce Conseil», avait lancé, mardi, Alain Juppé. «Nous sommes réunis aujourd'hui pour que le Conseil de sécurité prenne ses responsabilités face à un peuple qui souffre», a-t-il déclaré. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a affirmé que, si le Conseil de sécurité, réuni mardi, n'agissait pas rapidement en Syrie, la «crédibilité des Nations unies» s'en trouverait amoindrie.  La ligue arabe demande des «pressions économiques» L'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bachar Jaafari, a rejeté ce projet, assurant que Damas ferait «fermement face à ses ennemis». Son allié russe a estimé que l'ONU n'avait pas à se mêler des affaires de la Syrie. Quant à la Ligue arabe, elle a plaidé pour une voie médiane par la voix du Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem Al Thani, qui préside le Comité sur la Syrie, «Nous ne demandons pas une intervention militaire (...) nous ne sommes pas en faveur d'un changement de régime mais nous prônons des pressions économiques». La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont répondu aux objections de la Russie et de la Chine, qui voient dans le dossier syrien le risque d'une répétition de l'affaire libyenne. «La Syrie n'est pas la Libye», a affirmé Alain Juppé. «Rien, absolument rien, dans le projet de résolution (...) ne peut être interprété comme une autorisation de recours à la force. Nous n'avons nulle intention d'imposer de l'extérieur un quelconque régime politique», a-t-il souligné. Pendant ce temps, la violence continue depuis le début de la révolte populaire en mars 2011. Au moins 400 personnes ont trouvé la mort en une semaine, selon plusieurs sources. Mardi, les violences ont fait au moins 22 morts.
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