Le
prince William est arrivé jeudi aux Iles Malouines. Mais le deuxième personnage dans l'ordre de succession au trône britannique ne débarque pas dans ses habits de prince mais dans ceux plus stricts de soldat. Le lieutenant Wales, son nom d'officier, arrive pour une mission de surveillance et de sauvetage de six semaines. «Un déploiement opérationnel de routine », dans le cadre de la carrière de pilote d'hélicoptère de surveillance de William, selon le ministère britannique de la Défense.
Mais l'arrivée du prince ne passe pas inaperçue au moment où l'archipel du sud de l'Atlantique sous domination britannique depuis 1833 est secoué depuis quelques mois par des tensions entre le Royaume-Uni et l'Argentine. Le vice-
président argentin Amado Boudou a ainsi accusé jeudi la Grande-Bretagne de « gesticuler » pour masquer des problèmes intérieurs comme « le
chômage » et « le séparatisme écossais ». « Ils cherchent à cacher la réalité quotidienne avec des sujets très lointains, comme le sont les Malouines pour Londres », ironise l'élu sud-américain.
La Royal Navy a annoncé le prochain déploiement en Atlantique sud d'un tout nouveau navire de guerre, un destroyer, pour « une mission de routine » présentée comme n'ayant aucune relation avec le 30e anniversaire de la guerre des Malouines (2 avril-14 juin 1982) qui avait fait 255 morts côté britannique et 649 dans les rangs argentins.
L'Argentine dénonce « la tentative britannique de militariser un conflit sur lequel les Nations unies se sont déjà prononcées à de multiples reprises en indiquant que les deux pays doivent le régler dans des négociations bilatérales ».
La position officielle de Londres, plusieurs fois répétée ces derniers temps, est le droit « non-négociable » à l'autodétermination des habitants des Malouines, qui veulent en majorité rester britanniques. La population est actuellement de 3000 habitants plus un milliers de soldats britanniques.