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High-Tech

Le FBI ferme Megaupload, la contre-attaque s'organise

Antonin Chilot et Aurélie Ladet | 20 Janv. 2012, 08h02 | MAJ : 21 Janv. 2012, 02h56
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C'est la première bataille d'une longue guerre à venir. La justice américaine a ordonné jeudi la fermeture du site Megaupload.com, plateforme emblématique et controversée de téléchargement direct sur internet, accusée de violation des droits d'auteur.

Aussitôt, les pirates d'Anonymous ont répliqué en mettant hors service le site du FBI, d'Universal Music ou du ministère de la Justice américain. En France, le site de l'Hadopi a également été attaqué et l'adresse du site internet de l'Elysée a été détournée.

Quatre responsables du site basé à Hong Kong, dont son fondateur, Kim Dotcom, 37 ans, ont été interpellés à Auckland (Nouvelle-Zélande) sur la base de mandats d'arrêt délivrés par les Etats-Unis. Le FBI et le ministère de la Justice américain ont estimé, dans un communiqué commun, qu'il s'agissait de l'une des plus «grandes affaires de violation de droits d'auteur jamais traitées aux Etats-Unis».

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Nicolas Sarkozy s'est félicité de cette opération dans un communiqué : «La lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création», écrit l'Elysée. 

Les événements et les réactions de la journée :

23 heures. «Un beau coup de communication du FBI» ?
Interrogé par leparisien.fr, Yannick Lejeune, expert informatique, considère la fermeture de Megaupload comme « un beau coup de communication de la part des autorités américaines. Après le black-out de mercredi (ndlr: Wikipédia et plusieurs sites ont fermé pour protester contre un projet de loi relatif aux droits d'auteur), les autorités ont voulu montrer qu'elles faisaient ce qu'elles voulaient. (...) Cela ne peut pas être une coïncidence. C'est un pur coup de communication», analyse-t-il.

VIDEO. Auckland : la police fouille la maison du fondateur de Megaupload




21h30. NinjaVideo.net déjà condamné.
Hasard du calendrier ou pas, au lendemain de l'arrestation de Kim Dotcom, fondateur de Megaupload, la justice américaine a condamné à 14 mois de prison, l'un des fondateurs du site internet NinjaVideo.net, spécialisé dans l'offre de vidéos illégales. Matthew Smith, 24 ans, avait plaidé coupable en septembre dernier devant un tribunal fédéral à Alexandria, en banlieue de Washington.   
  
20 heures. «C'est grâce à Nicolas Sarkozy...».
La député UMP Muriel Marland-Militello risque de s'attirer les moqueries dans l'hémicycle. Sur un billet posté sur son blog, la parlementaire qui salue la fin de Megaupload s'emballe et attribue l'arrêt du géant du téléchargement illégal à... un certain Nicolas Sarkozy. Extraits : «C’est grâce aux initiatives de notre Président de la République Nicolas Sarkozy que la communauté internationale s'est décidée à ne plus céder à un certain fatalisme qui pouvait exister en la matière. Cette décision de justice en est une illustration. L’Histoire de la culture se souviendra de Nicolas Sarkozy comme de « l’homme qui a dit non », écrit-elle.

19h53. Les pirates en pleine action.
Depuis les forums de discussion Internet Relay Chat (IRC), des activistes  d'Anonymous se concertent en temps réel pour mener leurs web attaques. Les «hackers» sont connectés sur un canal spécial, «opmegaupload». Ci-dessous, sur la dernière ligne, est justement mentionnée l'attaque sur le site de l'Elysée.



19h23. Mitterrand applaudit. Sur BFMTV, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, applaudit la fermeture de Megaupload. «Le téléchargement illégal, c'est de la délinquance, c'est du vol», tance-t-il.

18h23. Les Anonymous s'invitent sur le site de l'Elysée. Le mouvement des «hacktivistes» est en train de s'attaquer au site de l'Elysée. Indice : à la fin de l'adresse URL du site de la présidence de la République, le message «We are legion !» apparaît ( http://www.elysee.fr/president/accueil.1.html?id=1327077699951&msg=We%20Are%20Legion!  ) . Il s'agit de la devise des Anonymous. Sur d'autres navigateurs, Anonymous laisse aussi divers slogans hostiles à Nicolas Sarkozy ou des petits dessins au sens non équivoque.  



18 heures. C'est «normal» pour le PS. Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle et responsable du pôle Culture dans l'équipe de campagne de François Hollande, considère la fin de Megaupload comme «normale». «Nous, ce qu’on veut faire c’est renforcer précisément la lutte contre ce genre de sites totalement illégaux qui font de l’argent sur le dos des artistes. En revanche, lorsqu'elle apprend que Nicolas Sarkozy se félicite de la mort du site de téléchargement illégal, elle répond : «L’Élysée s’en félicite, mais ils n’ont rien fait contre le streaming !», dénonce-t-elle.
 
17h30. Un signal fort pour le Nouveau Centre. Sur le site internet du parti, les proches collaborateurs du candidat à la présidentielle Hervé Morin se réjouissent de la fermeture de Megaupload. Pour Jean Dionis du Sejour, député-maire NC d’Agen et Frédérique Dumas, la décision de la justice américaine, est «un signal fort qui marque la fin de l’impunité pour de nombreux sites internet, établis souvent dans plusieurs pays, et qui déstabilisent par leurs activités dont il faut rappeler le caractère illégal, toute l’industrie de la culture».
 
17h20. Pas suffisant. Pour les professionnels du cinéma et de la musique, l'arrêt de Megaupload est un «signal très fort», un «tournant» même, mais il ne peut rester un acte isolé. David El Sayegh, directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), principal syndicat français de producteurs de disques, espère maintenant que d'autres actions seront menées pour lutter efficacement contre toute forme de piratage des oeuvres.
«C'est très positif qu'un site qui avait un modèle commercial mondial pour appuyer la contrefaçon massive des oeuvres cesse son activité», renchérit Frédéric Goldsmith, directeur général de l'Association des producteurs de cinéma (APC).

17 heures. Les concurrents de Megaupload se frottent déjà les mains

La mort de Megaupload laisse plus de 100 millions de visiteurs uniques par mois ( dont 15 millions de Français) sur le carreau. Un grand vide dont pourraient bénéficier dix autres plateformes de téléchargements illégales et légales, utilisées par des internautes pour héberger leurs musiques, films, séries, etc... protégés par les droits d'auteurs.
RapidShare.com, DepositFiles.com, Fileserve.com, FileSonic.fr, FileFactory.com, FilesTube.com, UploadStation.com, UploadBox.com, Bayfiles.com, DL.Free.fr ou encore MediaFire.com figurent parmi les favoris. 
Pour l'aspect streaming, les sites VideoBB.com et MixtureCloud.com vont probablement reprendre la relève de Megavideo.

 
16 heures. La main-mise des Etats-Unis sur Internet. La fermeture par le FBI du site Megaupload.com remet en lumière l'autorité des autorités américaines sur la gouvernance du Net. Et le fait qu'elles peuvent, sur injonction de leur justice nationale, désactiver en deux minutes n'importe lequel des 95 millions de sites qui se terminent en .com.
«Intervenir sur un nom de domaine, c'est taper au coeur du dispositif névralgique», commente Loïc Damilaville, directeur général adjoint de l'Association française pour le nommage internet en coopération (Afnic), qui détient en France, l'office d'enregistrement officiel du .fr.
Le nom de domaine de Megaupload se terminant par .com, la plateforme tombe en effet sous le coup du droit américain. C'est une société américaine basée en Californie, Verisign, qui gère les 95 millions de noms de domaine en .com (sur un total de 220 millions, les autres se terminant par exemple en org, uk, fr, etc.).
Alors qu'une fois que la justice américaine prend sa décision et qu'elle enjoint à Verisign de couper le nom de domaine, l'action elle-même ne prend que quelques minutes, même s'il y a ensuite un délai de propagation qui peut prendre plusieurs heures», souligne encore Damilaville.

15 heures. Comment les Anonymous ont vengé Megaupload

Pour répondre à l'opération menée contre Megaupload et mettre hors service les sites du FBI, du ministère de la Justice américain ou de la maison de disque Universal Music, les Anonymous ont procédé par attaques par déni de service distribué sur internet, dite DDOS (distributed denial of service). Cette méthode s'apparente à un «raz-de-marée» inondant un serveur pour l'empêcher momentanément de fonctionner. Le serveur, qui «ne peut pas répondre à tout le monde, se retrouve complètement bloqué», explique Guillaume Delomel, responsable technique de la société spécialisée Corero Network Security.

«Cela ne détruit rien», précise-t-il, dans la mesure où le site se remet à fonctionner normalement au bout d'un certain temps. Les conséquences peuvent être «une perte de chiffre d'affaires» pour un site commercial et, pour tous, «une atteinte à l'image». Parmi les exemples emblématiques : l'attaque des sites PayPal, Visa et Mastercard qui avait suivi le blocage des ressources financières du site Wikileaks en 2011.



14h45. Bruxelles exprime ses craintes. Sur son compte Twitter, la commissaire européenne en charge des nouvelles technologies Neelie Kroes estime que «la réglementation sur l'internet doit être efficace, proportionnée et préserver les bénéfices d'un réseau ouvert». «Les excès de vitesse sont illégaux, mais on ne place pas des ralentisseurs sur une autoroute», commente-t-elle dans un autre message.
«Cela ne veut pas dire que Mme Kroes défend le téléchargement illégal», explique son porte-parole. Selon lui, elle exprime ses préoccupations face à une action unilatérale qui a des conséquences globales. Tous les usagers de la plate-forme Megaupload dans le monde sont pénalisés par sa fermeture, y compris ceux qui utilisent légalement ses services pour stocker des données.

14h30. Les producteurs de disques se réjouissent. La fermeture de Megaupload est «une très bonne nouvelle» et un «coup porté contre la piraterie très important», se réjouit David El Sayegh, directeur général du Snep, le principal syndicat français de producteurs de disques, interrogé par l'AFP. «Il faut savoir que les gens de Megaupload ne sont pas des gentils pirates dont la finalité est d'échanger des fichiers. Ce sont des gens qui font avant tout du business (...) Et sur ces profits, aucun centime n'a été versé ni aux producteurs, ni aux artistes, ni aux auteurs-compositeurs», ajoute-t-il.

14h05. L'impact des Anonymous.
Selon le site Akamai, qui surveille le trafic internet mondial, les attaques de sites web sont en hausse de près de 25% depuis l'annonce de l'arrêt de Megaupload. Principaux pays touchés : les Etats-Unis, la Pologne, la Hongrie, l'Italie, la Turquie, la Roumanie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon et Taïwan, ainsi que la Russie, le Pérou et le Brésil. En France, le site de l'Hadopi reste inaccessible. «Vous ne pouvez pas arrêter une idée et nous vous empêcherons de censurer internet. Nous allons nous battre pour notre liberté, comptez sur nous», répètent les Anonymous sur leur compte Twitter.

La carte des attaques, selon Akamai :


13h50. Question du jour. A votre avis, fallait-il fermer le site de téléchargement Megaupload ? Sur 2000 votants, vous êtes 73% à répondre «non».

13h35. «Il faut une offre légale» en matière de films, prône le président du Conseil national du numérique.
Interrogé par Challenges, Gilles Babinet, le président du Conseil national du numérique (ndlr: instance voulue par Nicolas Sarkozy pour améliorer le dialogue avec le secteur d'Internet), estime que l'arrêt de Megaupload «est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Megaupload ce n’est pas la meilleure solution, mais si le site a rencontré un tel succès, c’est aussi parce qu’il n’existe actuellement aucune offre légale de films à la demande (VoD) digne de ce nom».

13 heures. La dirigeante de la Hadopi s'exprime. Marie-Françoise Marais, magistrate de formation et présidente de la Hadopi, est interrogée par Le Monde sur l'affaire Megaupload : «Ce qui s'est passé aux Etats-Unis est une bonne chose. Megaupload est un site qui offre des services pour lesquels il n'a jamais eu d'autorisation. On peut considérer qu'il s'agit là de contrefaçon». Et d'assurer que «rien n'empêche une action similaire en France», en précisant que «cela ne rentre pas dans le champ de compétence de la Hadopi».

12h36. Le camp Hollande réagit. Fleur Pellerin, responsable du pôle «Société et économie numériques» au sein de l'équipe de campagne de François Hollande, s'exprime sur le site atlantico.fr. Mais «en mon nom, et pas au nom de François Hollande», précise-t-elle, avant d'estimer que la fermeture de Megaupload montre «combien le débat français autour d'Hadopi est dépassé».
«La lutte contre le piratage doit passer avant tout par une action contre les acteurs économiques qui font commerce de contenus illicites. Il faut veiller à ne pas mettre dans le même sac des acteurs de ce type là et Dailymotion, Deezer ou d’autres starts-up françaises qui jouent le jeu», estime-t-elle, sans vraiment prendre position sur l'opération contre Megaupload et sur les problématiques liées au principe d'un Internet libre.

Megaupload : les détails sur l'arrestation du fondateur

Selon l'inspecteur néo-zélandais Grant Wormald, qui a participé à l'opération, le créateur de Megaupload a tenté de se réfugier dans une chambre forte lorsque la police est arrivée. «M. Dotcom (Kim Schmitz) est rentré dans sa maison et a activé plusieurs mécanismes de fermeture électronique», raconte-t-il.

«Une fois ces codes neutralisés par la police, il s'est barricadé dans une chambre forte (...), et lorsque la police est parvenue à y pénétrer, ils ont trouvé Mr Dotcom près d'une arme qui avait l'apparence d'un fusil de chasse à canon scié». «Ça a été plus compliqué que de frapper à la porte», résume l'inspecteur.


VIDEO. Auckland : la police fouille la maison du fondateur de Megaupload




12h06. Marine Le Pen et Megaupload. Les réactions politiques commencent, doucement, à tomber. Marine Le Pen publie ainsi un communiqué de presse sur son site: «Nicolas Sarkozy se fait l’ami des majors et des multinationales qui font des marges hallucinantes sur le dos des artistes et des consommateurs, et n’encourage absolument pas la créativité. L’Etat a vocation à garantir aux citoyens français un accès équitable et libre à la Culture, pas à les ponctionner et les sanctionner.»

Son programme ? «L’instauration d’une licence globale pour les échanges privés sur Internet, qui doivent rester libres sans que cela ne prenne en otage les ayants droit, producteurs, auteurs-compositeurs et interprètes. La liberté sur internet sera fermement défendue contre toute tentative (HADOPI, LOPPSI 2 Traité ACTA) visant sous divers prétexte à la restreindre».

11h46. Une interview réapparaît. Le Sénat a mis en ligne une interview d'Emmanuel Gadeix, directeur des opérations de Megaupload, réalisée après la table-ronde au Sénat du mercredi 11 janvier.



11h32. Première réaction de Megaupload. PCINpact cite Emmanuel Gadaix, qui représentait la plateforme la semaine dernière lors d'un débat au Sénat. Celui-ci réagit enfin après l'opération du FBI. «Juridiquement nous allons nous battre jusqu'au bout», assurant que l'acte d'accusation est rempli d'«inexactitudes». Selon PCINpact, «le message d’Emmanuel Gadaix (...) est clair : même décapitée de ses principaux responsables, MegaUpload ne baissera pas les bras. Elle prépare sa riposte à la mainmise du FBI sur ses serveurs».

Concernant le problème que pourraient rencontrer des utilisateurs qui stockaient des fichiers légitimes sur Megaupload, Emmanuel Gadaix répond: «On ne sait pas, c'est notre priorité la plus importante, de rétablir le service à nos utilisateurs et entreprises qui s'en servent quotidiennement à des fins légales». «Chaque fichier existe sur plusieurs serveurs, mais en ce moment ils sont inaccessibles».

11h15. Bilan de l'opération. Dans un communiqué, la police néo-zélandaise indique avoir effectué des perquisitions dans dix endroits d'Auckland, dont la vaste demeure de Kim Dotcom, appelée «Dotcom Mansion». Les policiers ont saisi plusieurs voitures de luxe, dont une Cadillac rose de 1959 et une Rolls Royce Phantom, ainsi «qu'une arme à feu qui avait l'apparence d'une arme à canon scié». Quelque 11 millions de dollars néo-zélandais (6,83 millions d'euros) ont été gelés sur des comptes bancaires, a ajouté la police.    

La justice néo-zélandaise s'est prononcée contre sa mise en liberté sous caution, de même que pour trois autres responsables du site basé à Hong Kong, a indiqué la police.

11 heures. La rumeur d'un nouveau site Megaupload. Sur Twitter, une adresse IP circule, présentée comme un éventuel nouveau site Megaupload. «Nous n'avons pas de nom de domaine pour l'instant. Seulement une adresse IP. C'est le nouveau site Megaupload ! Nous travaillons pour être pleinement de retour».



Selon des internautes, on retrouve dans le code source de la page un lien vers une page qui compte les visiteurs. La piste d'un fake est donc la plus probable.   

10h48. Et les utilisateurs ? Avec la chute de Megaupload, ce sont aussi des millions d'utilisateurs qui risquent d'être pénalisés, Megaupload étant aussi un espace de stockage pour des documents divers ou personnels. Que deviendront ces fichiers ? Les internautes qui ont payé pour un abonnement seront-ils remboursés ? Seront-ils inquiétés ?

10h32. Un communiqué qui fait jaser
. La déclaration de Nicolas Sarkozy diffusée pendant la nuit de jeudi à vendredi est la cible de critiques. Ainsi, Frédéric Martel, déjà auteur d'un article sur Carla Bruni au début du mois de janvier, met en cause le président de la République sur son blog hébergé par l'Express.fr. Il lui reproche une confusion juridique entre délit et crime, une faute diplomatique («rarement on aura vu une telle réaction diplomatique d’un chef d’État français sur un sujet qui ne concerne, ni notre droit, ni, au premier chef, notre pays») et une faute de communication (ce communiqué «accroîtra encore le fossé qui s’élargit entre les maisons de disques et le public de la musique»).

Sur Numerama, un journaliste écrit également: « On note que contrairement au communiqué officiel des autorités américaines, qui prennent le soin d’utiliser le mot allegedly (prétendûment) pour décrire les faits, le président français ne s’embarrasse pas de la présomption d’innocence. Et qu’il commet au passage une erreur de qualification juridique : en France, la contrefaçon n’est pas un crime mais un délit ».

10h13. La réplique d'Anonymous dans le détail. Pour réagir à l'opération contre Megaupload, les Anonymous ont piraté plusieurs sites: aux Etats-Unis, le site du ministère américain de la Justice, la branche américaine d'Universal Music, le site de l'industrie musicale américaine (RIAA) ; en France, le site de la Hadopi et celui d'Universal Music 




En savoir plus: les Anonymous, qui sont-ils ?

10 heures. Répondez à notre question du jour: Fallait-il fermer le site de téléchargement Megaupload ?

9h50. Sept hommes à la tête du système. Selon les documents officiels du FBI, sept hommes sont poursuivis, soupçonnés de faire partie d'une «organisation criminelle», de non-respect du droit d'auteur et de blanchiment d'argent. 

Le système Megaupload, selon le FBI

Celui qui est présenté comme le chef se nomme Kim Dotcom, alias Kim Schmitz, alias Kim Tim Jim Vestor, 37 ans. Il vit à Hong Kong et en Nouvelle-Zélande. Il aurait fondé Megaupload Limited et serait le directeur et l'actionnaire unique de Vestor Limited. Arrêté à Auckland.

Les autres mis en examen:

Finn Batato, 38 ans, citoyen et résident allemand, chef du marketing. Arrêté à Auckland.
Julius Bencko
, 35 ans, citoyen et résident Slovaque, graphiste.
Sven Echternach, 39 ans, citoyen et résident Allemand, chef du développement économique.
Mathias Ortmann, 40 ans, citoyen allemand et résident en Allemagne et à Hong Kong, chef de l'équipe technique. Arrêté à Auckland.
Andrus Nomm
, 32 ans, citoyen estonien et résident en Turquie et en Estonie, programmeur et développeur
Bram van der Kolk, alias Bramos, 29 ans, un résident hollandais et résident aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande, qui gère le réseau des sites «Mega». Arrêté à Auckland.


9h25. Au coeur de Megaupload. Owni a récemment réalisé une enquête sur Megaupload, dans laquelle on en apprend beaucoup sur Kim Schmitz, l'homme qui serait à la tête du réseau «MegaWorld».

9h10. L'acte d'accusation. Numerama a décortiqué l'acte d'accusation et explique que les enquêteurs du FBI ont eu accès aux communications et aux emails de dirigeants de Megaupload. Ils auraient découvert que la plate-forme de téléchargement rémunéraient des internautes qui «uploadaient» des vidéos.

«Par exemple, l'un des bénéficiaires a touché 100 dollars pour avoir uploadé une dizaine de DVD rips de films populaires, quelques films pornographiques et des générateurs de clés pour des logiciels piratés. Un uploader a reçu à lui seul 55 000 dollars», écrit le site. Entre mars 2007 et juillet 2010, Megaupload aurait ainsi reversé 9 millions de dollars à des internautes. 

En savoir plus: les 72 pages de l'acte d'accusation

Mega Indictment

8h45. Megaupload invité du Sénat. Le 11 janvier dernier, Megaupload a participé à un débat au Sénat intitulé «Comment concilier liberté de l'Internet et rémunération des créateurs ?» Emmanuel Gadaix, directeur des opérations du site, commence son intervention ainsi: «Nous sommes une société légale, déclarait-il. Nous n'avons jamais été poursuivis en justice, dans aucune juridiction».

En savoir plus: l'intervention vidéo d'Emmanuel Gadaix

En savoir plus:
le compte-rendu du débat

8h35. L'affaire Megaupload, star de Twitter
. Sans surprise, la fermeture de Megaupload fait bouillonner Twitter. #megaupload, #Anonymous, #FBI, #Fileserve sont présents dans les «trending topics» (les dix sujets les plus évoqués à un instant donné) 

8h20. Nicolas Dupont-Aignan attaque Sarkozy. NDA accuse: «Le chef de l'Etat tombe en réalité le masque des intérêts qu'il défend, ceux des majors, et semble oublier la solution de la licence globale qui permettrait la légalisation du téléchargement tout en protégeant les auteurs. Il n’y a en effet pas de raison que cela soit toujours les citoyens qui payent pour accéder à la culture alors que les intermédiaires commerciaux s’enrichissent.»

Sur Megaupload en particulier, le candidat à l'élection présidentielle prend de la hauteur: «Derrière les conditions et les circonstances de la fermeture du site américain MegaUpload se joue en réalité le futur de la liberté d’expression sur Internet. Ce soir, ce sont des milliers de contenus privés et personnels hébergés sur le site megaUpload qui ont été arbitrairement rendus inaccessibles».

7h50. «Absurde» pour Attali. Pour Jacques Attali, interrogé sur Europe1, la fermeture du site d'hébergement Megaupload par les autorités américaines «est une absurdité». «C’est une grande bataille pour savoir si on va avoir une gratuité d’accès et une autre forme de rémunération pour les artistes. Je suis contre Hadopi, pour une autre rémunération pour les artistes, donc cette fermeture est une absurdité parce qu’elle va être relancée par d’autres qui vont remplacer».

7h40. En savoir plus: quand des stars hollywoodiennes soutenaient Megaupload



7h25. La «stupeur» du Parti Pirate. Pour Maxime Rouquet, coprésident du Parti Pirate, «cette affaire met en lumière la surenchère répressive autour du partage et de la diffusion de la culture. Au lieu de doter l'industrie du droit d'auteur de toujours plus de moyens répressifs, et de traiter comme un réseau de mafieux toute plateforme qui génère du profit en diffusant des oeuvres, il faudrait mettre en place un mécanisme simple et équitable pour que les auteurs et les artistes tirent profit de la diffusion commerciale de leurs oeuvres».

3 heures. La satisfaction de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat français souligne dans un communiqué «que la lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création».

Jeudi à minuit. La réplique d'Anonymous. Le collectif de pirates Anonymous annonce sur Twitter avoir mis hors service les sites du ministère de la Justice américaine, de la maison de disque Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA.

23h15. Coup de tonnerre. La justice américaine a ordonné la fermeture du site Megaupload.com, une des plus importantes plateformes de partage de fichiers sur internet, et poursuit sept de ses employés pour violation des droits d'auteur.

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