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Conforama condamné après avoir vendu un fauteuil qui gratte

 
04.02.2012
On les a appelés « fauteuils qui grattent » en raison des démangeaisons infligées par la présence d'un antimoisissure toxique. L'expression peut prêter à sourire, mais elle illustre des cas douloureux. A 75 ans, André souffre toujours d'un eczéma près de trois ans après avoir utilisé un tel siège importé de Chine. Me Emmanuel Ludot, de ce retraité de l'Orne, vient de faire condamner la société Conforama chez qui le gendre d'André a acheté un fauteuil relax électrique en tissu en août 2007. Rendue mercredi, l'ordonnance en référé du tribunal de grande instance de Meaux (Seine-et-Marne), département du siège de l'entreprise, est claire. Selon cette décision, l'existence d'un véritable défaut du produit, caractérisé par la présence de diméthylfumarate (antifongique interdit par un arrêté du 10 décembre 2008), est « suffisamment établie ». Surtout, le tribunal estime « suffisant et direct » le lien de cause à effet entre ce produit irritant et l'affection cutanée d'André. Il suit même une chimiothérapie « On a offert bien malgré nous un cadeau empoisonné », résume Jacques Bessin, le gendre du retraité. Après le décès de son épouse, André utilise le fauteuil incriminé à partir de février 2008. Il s'y prélasse environ quatre heures par jour, le plus souvent pour regarder la télé. Assez vite, il se plaint de démangeaisons et d'éruptions cutanées sur le thorax, sous les bras et derrière la . « Il présente un prurit important qui retentit sur son humeur », diagnostique début 2010 un médecin. Il souffre également de troubles du sommeil et d'irritabilité, doit consulter un dermatologue et suivre une chimiothérapie à cause d'une suspicion de lymphome. Informés de l'affaire des « fauteuils et canapés qui grattent », le retraité et ses enfants saisissent la . Me Ludot demande une expertise médicale. Elle confirme leurs soupçons. « Les symptômes sont en relation avec un contact prolongé avec le diméthylfumarate », tranche l'expert fin 2011. Cet antifongique, utilisé en période de mousson pour limiter la prolifération des moisissures, est entré dans la fabrication de sièges ou de bottes en Chine. Il a provoqué plus d'une centaine de réactions cutanées chez des utilisateurs en France, entre octobre 2008 et janvier 2009. « Je n'en veux pas à Conforama, responsable mais pas coupable et victime comme nous de ces produits importés », note avec pondération Jacques Bessin. Sollicité hier, l'avocat de l'entreprise, condamnée à verser 9500 € au retraité et à ses enfants, n'a pas donné suite.
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Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Faits divers

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