Cette vague de froid exceptionnel commence à affecter de nombreux secteurs.
Des perturbations dans les transports. Hier matin, près de 500 passagers d'un train Rouen-
Paris sont restés bloqués plus d'une heure dans la banlieue nord-ouest de la capitale, à la suite d'un incident électrique lié au froid. Jusqu'à la mi-journée, des Transiliens ont été supprimés au départ de Saint-Lazare et d'autres ont été systématiquement retardés d'une vingtaine de minutes. « On essaie de gérer les soucis en amont, mais certains problèmes, comme les aiguilles glacées ou les quais verglacés, engendrent des retards quoi qu'il arrive », indique-t-on à la
SNCF. Dans les aéroports, l'état d'alerte a été déclaré. A Marseille, où de fortes chutes de neige sont tombées dans la nuit de jeudi à vendredi, une dizaine de vols ont été annulés hier.
Le récit de la journée d'hier
Des chantiers à l'arrêt. « Il n'est pas possible de couler du béton en dessous de - 4 ou - 5 oC, explique l'une des porte-parole de
Bouygues Construction. Du coup, nos chantiers qui étaient en phase de coulage de béton ou d'autres activités liées à l'eau ne peuvent pas fonctionner. Les salariés sont au chômage-intempéries. » Le groupe assure que la reprise ou non du chantier est décidée au jour le jour.
Des écoliers privés de chauffage. Il ne faisait que 11 oC hier dans les classes de l'école Aimé-Césaire de Pontault-Combault (Seine-et-Marne). En cause, un dysfonctionnement de la pompe à chaleur qui alimente cet établissement flambant neuf où sont accueillis 280 enfants. En attendant la réparation, des radiateurs électriques et une soufflerie ont été installés par la ville. Dans le quartier du Chêne-Pointu, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), une partie des 1500 logements de ces copropriétés dégradées ont, eux, été privés de chaleur durant la nuit de jeudi à vendredi, ainsi qu'une partie de la matinée, en raison de la panne d'une chaudière.
Alerte au pic d'électricité. Les températures poussant les Français à régler leurs radiateurs électriques au maximum, le Réseau de transport d'électricité (RTE) a émis hier une alerte de niveau orange dans le Sud-Est. RTE craint des coupures de courant et appelle les habitants à modérer leur consommation entre 18 heures et 20 heures et à ne pas mettre en route leur lave-linge, sèche-linge et lave-vaisselle ni à charger leur portable. RTE s'attend à un pic de consommation historique lundi soir. « Depuis quelques jours, nous importons de l'électricité d'Allemagne, d'Angleterre, de Belgique et d'Espagne », souligne une porte-parole de RTE.
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Eau coupée au camping. L'Essonne regroupe plusieurs campings. Pour les occupants à l'année des caravanes, le froid entraîne des dépenses énergétiques supplémentaires. « Je me chauffe au fioul, confie Michel, permanent au camping municipal d'Itteville. Avec ces températures, je vais atteindre les 600 € par mois en carburant. » Pour une de ses voisines, le plus dur est la douche! « L'eau a été coupée sur tous les emplacements pour éviter que cela ne gèle. Du coup, on doit se rendre dans les sanitaires communs. »
Des prisonniers frigorifiés. A la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), les 734 détenus du bâtiment D4 sont « frigorifiés », constatent surveillants et visiteurs. Dans ce bâtiment vétuste, la moitié des cellules ont des vitres cassées. Du film plastique a été distribué pour tenter de boucher les trous. Et les détenus ont reçu des couvertures en plus. La nuit, certains portent bonnets et gants. « Pour l'instant, nous ne déplorons aucun cas d'hypothermie », assure la direction, qui, pour soulager les surveillants, a augmenté la fréquence de leurs relèves.
Des matchs reportés. Trois matchs de Ligue 1 (Dijon-Valenciennes, Nancy-Rennes et Saint-Etienne-Lorient), prévus aujourd'hui à 19 heures, ont été avancés à 15 heures sur décision de la Ligue de football professionnel. Trois matchs de Ligue 2 (Laval-Metz, Tours-Le Havre et Angers-Monaco) et sept de National ont été reportés.