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De l'avis même d'Obama, la déclaration de principe arrêtée à Copenhague vendredi n'est «pas suffisante». Après le départ du président américain pour Washington, les grands pays ne se sont engagés à rien.
« Ce n'est même pas une déception, tout le monde est consterné, réagissait samedi matin Nicolas Hulot depuis Copenhague. On a manqué une occasion historique, a expliqué le défenseur de la nature sur France Info. ]Très sincèrement, deux ans d'activité diplomatiques pour en arriver là... La crise climatique se double d'une très profonde crise de la démocratie. Il y a une incapacité de coordonner les volontés. On a bradé l'avenir de nos enfants. On injurie vraiment le futur.»
L'accord le «pire de l'histoire»
Parmi les participants au sommet - et notamment les pays en développement - la déception est immense qu'aucune contrainte n'ait été fixée pour atteindre l'objectif, très ambitieux, de limiter à 2°C l'augmentation des températures. Pour le représentant des 130 pays en développement, dont les premières victimes du réchauffement climatique, l'accord arrêté à Copenhague par les chefs d'Etat de la planète à l'arraché, et sans aucune garantie, est «le pire de l'histoire».
«Pour le moment, il n'y a pas d'accord», a-t-il insisté, juste un projet de déclaration qui doit encore être entériné, soulignant que la Chine ne s'était «pas prononcée officiellement». «Si un seul pays dit "non", il n'y aura pas d'accord et de nombreux pays ont dit qu'ils refuseraient», a ainsi affirmé le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, dont le pays préside le G77.
«La réalité, a déclaré le ministre français de l'Environnement Jean-Louis Borloo, c'est que si on avait laissé faire le système ONU il était impossible d'arriver à quoi que ce soit». «Les chefs d'Etat auraient dîné ensemble (chez la reine, jeudi) puis on se serait retrouvé en plénière pour constater l'échec», après douze jours de négociations.
Pour Chantal Jouanno, interviewée ce samedi matin sur RTL, «il faut être conscient qu'on partait d'une situation encalaminée», presque dans l'impasse.«Mardi, on n'avait aucun accord sur la table», a rappelé la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, déplorant la «position puissante et fermée de la Chine, de l'Inde» et d'un certain nombre de pays d'Amérique du Sud.
Les ONG dénoncent un fiasco
Les ONG environnementales dénoncent en choeur un véritable fiasco: «Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050: difficile d'imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague», déplore Greenpeace. «C'est un texte plus vide de sens qu'une brochure touristique et on ne peut pas donner suite à quelque chose qui n'a pas de substance», s'emporte ce matin, dans le Parisien-Aujourd'hui en France, Pascal Husting, patron pour la France de l'association écolo.
Nnimmo Bassey, président de l'ONG Les Amis de la Terre, a dénoncé un «échec abject»: «En retardant le passage à l'action, les pays riches ont condamné des millions de pauvres à la faim, la souffrance et la mort avec l'accélération du changement climatique». Si Jean Jouzel, glaciologue et membre du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, se réjouit dans le Journal du Dimanche que «les sceptiques (n'aient) pas réussi à se faire entendre» à Copenhague, il déplore le résultat. Pour remplir les objectifs, «il fallait imaginer un monde différent et cela n'a pas été évoqué».
Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement, toujours dans le Parisien, veut croire «que ce sommet au résultat transparent servira d'électrochoc pour changer le système».
Le Premier ministre britannique Gordon Brown estime, lui qu'un «premier pas» dans la voie d'un traité légalement contraignant que les pays devront rapidement accepter, a été fait. Le véritable succès réside dans la réunion de tous ces pays, qui dénote une prise de conscience planétaire des enjeux. Pour la suite, il estime qu'«il est important de consolider toutes les propositions qui ont été approuvées et d'avancer alors vers un traité légalement contraignant».
leparisien.fr
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