Alsace : «On a l'Alsace et on la garde»: dès l'annonce des premières estimations créditant la liste de droite d'une confortable avance, le QG de campagne du sénateur UMP Philippe Richert explosait de joie.
Aquitaine : la liste (PS-EE-FG) menée par le président PS sortant, Alain Rousset, a largement devancé (56,34% contre 28,01%) celle conduite par le ministre du Travail, Xavier Darcos (UMP-NC-CPNT). Le socialiste a amélioré ses résultats face au candidat de droite auquel il avait déjà été confronté en 2004, année d'une triangulaire mais avec le FN. Le député MoDem, Jean Lassalle seul candidat du mouvement de François Bayrou au second tour, a atteint le score de 15,65%. Dimanche dernier, il n'avait recueilli que 10,43% des bulletins.
Auvergne : dans ce duel gauche-droite, les listes de René Souchon (PS-EE-FG) ont remporté une victoire très large avec 59,68% des suffrages. Le secrétaire d'Etat aux Collectivités territoriales, Alain Marleix (UMP), a près de 20 points de retard, avec 40,3% des voix. Dans le département du Puy-de-Dôme, où le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux était tête de liste, la différence est encore plus grande : la liste UMP-NC a fait 34,94% des suffrages, celle de la gauche 65,06%. Le PS avait fusionné avec les listes EE de Christian Bouchardy (10,69%) et du Front de gauche, emmené par le populaire député communiste André Chassaigne (14,24%).
Bourgogne : cette triangulaire était annoncée comme difficile pour la majorité présidentielle. Elle le fut. Le président sortant, le socialiste François Patriat, a remporté la majorité absolue avec 52,65% des voix. Avec 36,31% des suffrages au premier tour, le PS avait fusionné avec listes EE de Philippe Hervieu (9,84%). Son adversaire UMP-NC, François Sauvadet n'a recueilli que 33,53% . Le FN avec 13,82% fait un peu mieux qu'au premier tour (12,04%).
Bretagne : le PS a été facilement réélu sans les voix d'Europe Ecologie. Cas unique en France, les deux partis n'avaient pas fusionné au second tour. Le président sortant (PS) Jean-Yves Le Drian a obtenu la majorité absolue avec 50,27% des suffrages, largement devant la représentante de la majorité présidentielle Bernadette Malgorn (32,36%) et l'écologiste Guy Hascoët (17,37%). Le Drian, rayonnant, s'est dit «surpris par l'ampleur d'un tel score». Il a visiblement bénéficié d'un bon report des voix des forces traditionnelles de gauche, Parti de gauche (3,51%), NPA (2,49%) et Lutte ouvrière (1,47%), mais aussi d'une partie des voix du candidat Modem, Bruno Joncour (5,36%) et de la meilleure mobilisation des électeurs.
Centre :la gauche unie a conservé la région Centre, qu'elle dirige depuis douze ans, avec la majorité absolue devant la droite, emmenée par Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au Commerce, et le Front National, dimanche au second tour des élections régionales. La liste de gauche (PS,EE et FG) conduite par François Bonneau, le président socialiste sortant, a, en effet, obtenu 50,01% des voix, la liste UMP-Nouveau Centre 36,46%, et la liste du Front National menée par Philippe Loiseau 13,54%.
Champagne-Ardenne : le président DVG sortant Jean-Paul Bachy a remporté la région avec une confortable avance (44,31%), devançant l'UMP Jean-Luc Warsmann (38,49%) et le frontiste Bruno Subtil (17,19%) qui renforce son bon score du premier tour. Avec une progression de plus de 13 points par rapport au premier tour, Bachy semble avoir bien rassemblé à gauche notamment les électeurs des listes Europe Ecologie avec lesquelles il avait fusionné. La participation a légèrement augmenté par rapport au premier tour mais reste inférieure à la moyenne nationale avec un taux de 48,95% pour l'ensemble de la région. La Marne subit la plus grande désaffection des électeurs avec une abstention record de 53,41%.
Corse : l'Ile de Beauté, championne de France pour la participation, a basculé à gauche, pour la première fois depuis plus d'un quart de siècle. Les listes d'union «Paul Giacobbi-L'alternance» ont recueilli 36,60% des voix. Mais il leur faudra s'allier aux nationalistes. Ces derniers ont réalisé une percée historique aux élections territoriales et s'installent au centre de l'échiquier politique. Ils deviennent la deuxième force politique insulaire devant la droite (27,60%). Le résultat le plus spectaculaire a été obtenu par la liste des nationalistes dits modérés Femu a Corsica (Faisons la Corse) qui, avec 25,90% des suffrages, a largement amélioré son score du premier tour (18,40%). La seconde liste, Corsica Libera, a obtenu 9,80%* des voix (9,36% au 1er tour).
Franche-Comté : emmenée par la présidente PS sortante Marie-Guite Dufay (47,41%), la gauche (PS-EE-FG) a conservé la région face au secrétaire d'Etat à la Coopération et tête de liste UMP, Alain Joyandet (38,36%). La socialiste avait succédé à Raymond Forni, décédé en 2008. La tête de liste du Front national (18,66% en 2004), Sophie Montel, fait mieux qu'au premier tour avec 14,23% des suffrages contre 13,14% dimanche dernier. Marie-Guite Dufay avait succédé à Raymond Forni, décédé en 2008. En Franche-Comté, la participation était en hausse avec 57,94% de votants contre 51,26% pour le premier tour.
Ile-de-France : les listes de gauche (PS-EE-FG) menées par Jean-Paul Huchon, le président PS sortant, l'ont emporté dimanche au 2e tour des régionales par 56,69% des voix contre 43,31% pour les listes de la ministre UMP Valérie Pécresse. Tous les départements, y compris les Hauts-de-Seine, le département de Nicolas Sarkozy, ont donné une majorité à la gauche, à l'exception des Yvelines, le département de la candidate UMP. Intra-muros, les Parisiens ont voté à 57,95% pour les listes de gauche. De nombreux bastions de l'UMP ont tremblé sur leurs bases et notamment en Seine-et-Marne.
Languedoc-Roussillon : Georges Frêche, candidat à sa propre succession, a remporté le second tour, très loin devant ses adversaires, avec 54,19%. Il a devancé le sénateur-maire UMP de Béziers Raymond Couderc de près de 30 points (26,43%). Le FN, conduit par France Jamet, arrive en troisième position. Avec 19,38% des voix, le parti frontiste réalise un score très élevé dans cette région. Lors du précédent scrutin régional, en 2004, le père de France Jamet, Alain Jamet, alors tête de liste du FN, avait obtenu 15,67% des suffrages. Avant le premier tour, aucun sondage n'avait donné le FN à plus de 10%. Vincent Peillon, Pierre Moscovi et François Hollande ont appelé à «voter Georges Frêche» nommément, alors que la Première secrétaire, Martine Aubry a été plus vague, demandant de «faire barrage à la droite et l'extrême droite» le 21 mars - pour ne pas se dédire, sans fermer la porte à la réconciliation.
Limousin : dans cette triangulaire, où le Front de gauche (PCF-PG) allié au NPA se maintenait au second tour, la liste PS-EE, conduite par le président sortant, Jean-Paul Denanot, a remporté sans surprise, avec près de 47,9% des voix, le second tour. Il devance dans l'UMP Raymond Archer (32,95%) La liste de gauche et d'extrême gauche a obtenu 19,1% des voix. «Je me félicite d'une majorité fortement ancrée à gauche qui sera certes divisée mais qui devrait se retrouver sur les grands dossiers», a commenté Jean-Paul Denanot.
Lorraine : si les listes PS-EE-PCF menées par le président sortant, le sénateur PS Jean-Pierre Masseret, ont obtenu la majorité absolue avec 50,02% des suffrages exprimés, le FN pointe au plus haut à 18,44%, en hausse de 1,07% par rapport aux 17,37% enregistrés au 2e tour de 2004. «L'électorat ouvrier (...) nous est revenu, car qui sème la misère récolte la colère», s'est félicité Thierry Gourlot, la tête de la liste frontiste. La majorité présidentielle, qui avait à sa tête le radical valoisien Laurent Hénart, a obtenu 31,54%, en recul de 2,67% par rapport aux 34,21% de 2004..
Midi-Pyrénées : Martin Malvy, le président PS sortant, s'est réjoui dimanche à Toulouse du score de sa liste qui a atteint 66,77% soit le record pour la gauche au second tour des régionales, en saluant le rôle de «l'union» : sa liste PS-PRG-MRC avait fusionné avec Europe Ecologie et le Front de gauche. «Même Lourdes, traditionnellement plus proche de la Vierge Marie que de Jean Jaurès, a donné 57% à la gauche», a-t-il dit. Les listes UMP conduites par Brigitte Bareges ont comptabilisé 32,23 % des suffrages.
Nord - Pas-de-Calais : la gauche a conservé aisément son bastion. Les listes d'union PS-Front de gauche-Europe Ecologie-MRC-PRG (51,89%) ont obtenu la majorité absolue devançant très largement la liste UMP (25,91%) de Valérie Létard secrétaire d'Etat des Technologies vertes qui a progressé de 7 points par rapport au premier tour. La FN Marine Le Pen obtient 22,20% des suffrages soit 4% de plus qu'au premier tour, grâce notamment à un score massif dans son fief d'Hénin-Beaumont (44,23%). La benjamine du clan Le Pen n'a pas réalisé son rêve de devancer l'UMP, mais améliore sensiblement le résultat, déjà exceptionnel, obtenu par sa formation en 2004 (19,98%).
Basse-Normandie : la gauche emmenée par le socialiste Laurent Beauvais a renforcé sa domination sur la région, atteignant un score historique de 57,15%. Ses listes PS-EE-PCF-PRG devancent très largement la liste UMP-NC-MPF de la majorité présidentielle menée par le sénateur UMP Jean-François Le Grand (42,85). Le bon score du MoDem (8,9% ) n'a pas profité à l'UMP.
Haute-Normandie : la gauche unie -PS-EE-FG- conduite par le président sortant PS Alain Le Vern a emporté dimanche l'élection régionale en Haute-Normandie, pour la troisième fois consécutive, avec 24 points d'avance sur la droite emmenée par le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire (UMP). A l'issue d'un scrutin marqué à nouveau par une forte abstention (49,0%) mais plus faible qu'au premier tour (53,6%), la gauche a réuni 55,1% des suffrages contre 30,7% à la droite et 14,2% au FN.
Pays de la Loire : les listes menées PS-EE par le socialiste sortant, Jacques Auxiette, l'ont emporté dans les cinq départements des Pays de la Loire, y compris en Vendée (50,29%), où règne le président du conseil général Philippe de Villiers (MPF). L'UMP Christophe Béchu (43,31%) a échoué à reprendre la région perdue par François Fillon en 2004. Avec 56,39%, le président sortant améliore même son score de 2004 (52,35%).
Poitou-Charentes : le duel entre Ségolène Royal et Dominique Bussereau a, comme attendu, tourné largement à l'avantage de la présidente PS sortante du conseil régional. Elle a recueilli 60,61% des suffrages après une fusion avec Europe Ecologie, enregistrant le deuxième meilleur résultat de ces élections pour la gauche, derrière Midi-Pyrénées. Avec 39,39%, les listes du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau améliorent notablement leur score du premier tour (29,46%), dans un scrutin marqué par une abstention moins élevée que dimanche dernier (46,51% contre 49,89%).
Provence-Alpes-Côte d'Azur : le socialiste Michel Vauzelle rempile, après avoir remporté le second tour des régionales dimanche avec 44,11% des voix devant l'UMP Thierry Mariani (33,02%) et Jean-Marie Le Pen (22,87%) qui réalise le meilleur score du FN. A 81 ans, ce dernier a encore amélioré son résultat du premier tour (20,29%) dans une région historiquement favorable au parti d'extrême droite. Il a fait un tabac par endroits, arrivant en tête à Marignane (Bouches-du-Rhône) avec 37,67% des voix et à Cavaillon (Vaucluse) avec 38,20%.
Picardie : la gauche a conservé sans surprise la Picardie dimanche soir au second tour des élections régionales, les listes menées PS-EE par le président sortant Claude Gewerc (PS) recueillant 48,28% des voix, même s'il n'avait pas fusionné avec le FG. La liste UMP de Caroline Cayeux a obtenu 32,43% des suffrages. Par rapport au premier tour, le FN de Michel Guiniot progresse de près de quatre points et gagne plus de 33.000 électeurs. En 2004, il avait obtenu 18,66% des suffrages au second tour. Le taux d'abstention a atteint 48,84%, semblable à la moyenne nationale, contre 54,44% lors du premier tour dimanche dernier.
Rhône-Alpes : Le PS, allié à Europe Ecologie et au Front de gauche, a réussi dimanche à conserver haut la main la région avec une majorité absolue de 50,76% des voix. Jean-Jack Queyranne le président PS sortant a été reconduit. La droite, pourtant, avait réussi à remobiliser ses troupes : Françoise Grossetête, qui avait obtenu 26,39% des voix au premier tour, a réalisé 34,02% dimanche, soit près de 8% de plus. Le Front National, emmené par Bruno Gollnisch, est quant à lui passé en une semaine de 14,01% à 15,23% des voix.
La Réunion : Déjouant les pronostics, l’UMP Didier Robert, 45 ans, est arrivé en tête dimanche de la triangulaire sur l’ancienne île Bourbon, en obtenant 45,46 %. A 85 ans, le communiste Paul Vergès (35,5 %) qui avait refusé de faire alliance avec le socialiste Michel Vergoz (18,99 %) a sans doute présumé de ses forces politiques et négligé l’usure de son système.
La forte abstention enregistrée dès le 1er tour dans les quartiers populaires aurait dû servir d’avertissement au vieux leader du Parti communiste réunionnais (PCR). Il n’en a rien été. Conséquence, la gauche, majoritaire si ses deux listes avaient fusionné, est aujourd’hui rejetée dans la minorité. Pour la première fois dans l’histoire de l’île, la droite va donc diriger la région. Une consolation pour Marie-Luce Penchard, la secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, elle-même sévèrement battue en Guadeloupe.
Guyane : La droite a repris la Guyane grâce à la victoire du... divers-gauche Rodolphe Alexandre. Investi par l'UMP, le maire de Cayenne obtient 56,11% des voix, contre 43,89% pour celle de la députée DVG Christiane Taubira.
Qualifié de «socialiste sarkozyste» par le ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer Brice Hortefeux, il était déjà largement arrivé en tête au premier tour, avec plus 40% des suffrages, il avait distancé de plus de 17 points la liste de Christiane Taubira. Sa liste remporte 21 sièges qui seront pourvus par des DVG, des DVD, des UMP et des «divers».
Pour la gauche qui se présentait en ordre dispersé après le retrait du socialiste Antoine Karam (PSG), la fusion de quatre listes de gauche et écologistes plus le soutien appuyé apporté par la première secrétaire du PS Martine Aubry et la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot, n'aura pas suffi.
Le taux d'abstention a atteint 49,3%, soit six points de moins qu'au premier tour de scrutin.
Martinique : La liste conduite par le député-maire autonomiste de Fort-de-France Serge Letchimy, leader du Parti progressiste martiniquais (PPM), l'a emporté dimanche en Martinique avec 48,32% des voix face au président sortant et leader du Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), Alfred Marie-Jeanne (41,05%). La liste du candidat soutenu par la majorité présidentielle André Lesueur (DVD) a recueilli 10,63% des voix. L'abstention, qui s'élevait au premier tour à plus de 55%, a diminué de près de 8 points au second tour.
«Le peuple martiniquais a fait le choix d'un changement profond dans un pays qui vit une crise sans précédent, indique Serge Letchimyt. Cette victoire n'était pas celle d'un clan contre un autre mais la victoire de l'ensemble des Martiniquais».
*Contrairement aux régions, 7% suffisent à se maintenir au second tour dans ces élections territoriales.









































