Malgré sa victoire écrasante de dimanche, le Parti socialiste a encore de nombreux obstacles à surmonter avant d'être en ordre de bataille pour la course à l'Elysée. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, va notamment devoir gérer la guerre des ego et les alliances complexes avec des partenaires de gauche eux-mêmes divisés.
Dès ce mardi, elle réunira à 16 heures, au siège du parti, rue de Solférino, les présidents de régions socialistes vainqueurs du second tour des régionales pour les remercier et... discuter de l'avenir. A priori en l'absence de Ségolène Royal. «Je gère les urgences régionales et la mise en place des équipes régionales», se justifie la présidente de Poitou-Charentes.
Interrogé sur l'éventuelle résurgence d'une rivalité entre la première secrétaire Martine Aubry et l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée, a répondu : «il faut l'éviter à tout prix, les Français ne nous le pardonneraient pas et ils auraient raison». «Je lance un appel pour que la sarabande des ego ne recommence pas, ça ce serait une très très grave faute», a-t-il ajouté.
Aubry : «J'attends toujours que Ségolène revienne au coeur du Parti socialiste»
Interrogée sur Europe 1, Martine Aubry a rétorqué : «J'ai toujours dit que Ségolène Royal a un statut à part. C'est notre ancienne candidate à la présidence de la République et donc elle se situe un peu au-delà de nous, si je puis dire. En dehors de nous». «J'attends toujours que Ségolène revienne au coeur du Parti socialiste, elle a toute sa place», mais «je respecte le choix des uns et des autres», a ajouté la patronne du PS.
Elle a salué «le très beau bilan» de la présidente de Poitou-Charentes, précisant qu'elle l'avait «appelée» au téléphone dimanche soir, ainsi même que tous les autres présidents de région.
L'unité affichée par le PS durant la campagne risque de voler en éclat
Pour Martine Aubry, la priorité est «un projet de société». Les Français demandent que le PS «uni et rassemblé» avec ses partenaires de gauche propose «une autre société», résume-t-elle. Mais l'unité affichée par le parti durant la campagne, après les déchirements du Congrès de Reims, risque de voler en éclats.
La présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, qui n'a jamais caché ses ambitions élyséennes, devrait, selon Jérôme Fourquet (IFOP), «essayer de se servir de son très bon score» (60,6%), «comme d'un tremplin pour revenir dans le centre du jeu socialiste». Dès dimanche soir, l'ex-candidate à la présidentielle a fait entendre sa petite musique en saluant la victoire de «tout le pays» et non celle d'«un camp», visant sans la nommer la direction du parti.
La gauche a remporté dimanche 21 des 22 régions métropolitaines. Tous les socialistes sortants ont été réélus.











































