Au lendemain du second tour, la carte des régions est encore un peu plus rose qu'elle ne l'était la veille. La gauche a réalisé un «petit chelem» dimanche au second tour des élections régionales remportant, en métropole, 21 des 22 régions avec - au niveau national - 53,85% des suffrages, un record depuis 1981 et le deuxième meilleur résultat pour elle depuis la création de la Ve République !
La Corse a basculé à gauche après la victoire de la liste conduite par Paul Giacobbi .
Le léger sursaut de la participation (+ 5 points par rapport au premier tour) n'a pas modifié la tendance qui s'esquissait déjà au premier tour. 50% des voix pour la gauche en Bretagne, dans le Centre ou en Rhône-Alpes, 60 % en Poitou Charentes et même 66,7% des voix - record de la soirée - pour Martin Malvy en Midi-Pyrénées... Plus encore que la victoire de la gauche, c'est son ampleur qui est notable. En Haute-Normandie, 25 points séparent le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire et Alain Le Vern. En région Centre et en Franche-Comté, les secrétaires d'Etat Hervé Novelli et Alain Joyandet mordent la poussière. Aucun des huit membres du gouvernement briguant une présidence de région n'a gagné son pari.
Socialistes et écologiste ont profité à plein de leur union d'entre deux tours. Une alliance promise à un bel avenir : Cécile Duflot, numéro un des Verts, a exprimé son souhait de «continuer le dialogue avec la gauche» dans la perspective de 2012.
Fillon convoqué à l'Elysée
Convoqué à l'Elysée lundi matin, le Premier ministre François Fillon ne présentera toutefois pas sa démission, et le remaniement ne sera que «technique», a répété dimanche soir Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, assurant que Nicolas Sarkozy était «décidé à entendre» le message du scrutin.
François Fillon a assumé sa «part de responsabilité», en souhaitant «garder le cap fixé par les élections nationales». Le socialiste Julien Dray l'a appelé à présenter sa démission. Alors que la droite était dans le déni au soir du premier tour, les responsables de l'UMP Xavier Bertrand et Frédéric Lefebvre ont reconnu une «déception», tandis que Jean-François Copé parlait franchement de «réelle défaite». Quant à Dominique de Villepin, il devrait annoncer jeudi la création d'un «mouvement au service des Français».
Le FN dépasse les 20% en PACA et dans le Nord
Autre enseignement de ce second tour des régionales : le bon score du Front National. Dans les 12 régions où il s'est maintenu, le FN a amélioré partout ses résultats, avec une moyenne de 17,81%. Il dépasse même les 20% là où se présentaient Jean-Marie Le Pen (Paca) et sa fille Marine (Nord/Pas-de-Calais). Dans les régions où il s'est maintenu, le Parti de Jean-Marie Le Pen a progressé de près de 500 000 voix entre les deux tours et de près de trois points.
En termes d'élus (118), le FN perd toutefois 38 sièges par rapport au scrutin de 2004 où il avait réussi à se qualifier dans 17 régions, soit cinq de plus. Amoindri ces dernières années par dissidences et désaffections multiples, il ne comptait toutefois plus sous l'étiquette FN que 100 conseillers régionaux.











































