Au lendemain du deuxième tour des élections régionales, Daniel Cohn-Bendit regarde vers la présidentielle de 2012. Dans une tribune publiée lundi dans «Libération», l'ex-leader de Mai 68 propose aux écologistes d'inventer «ensemble une coopérative politique» pour 2012 et appelle plusieurs partis, les «Verts, socialistes, Cap 21, communistes» et d'autres, à rejoindre «cette dynamique collective».
Cohn-Bendit veut une équipe de première division
Refusant qu'Europe Ecologie (EE), après ses succès aux européennes (16,3%) et aux régionales (12,5%) entre «au cimetière, déjà bien encombré, des espérances déçues», le coprésident des Verts au Parlement européen appelle de ses voeux la constitution d'une forme politique «inédite» et «décloisonnée», «ni parti machine, ni parti entreprise».
Sur RTL ce lundi, l'eurodéputé poursuit : «On a remis en scelle l'écologie politique mais le fonctionnement n'est pas à la hauteur, on est organisé comme une équipe de championnats amateurs et on nous dit maintenant : Vous allez jouer en première division ! Ca ne peut pas marcher. Si on veut être à la hauteur des espoirs, nous devons nous dépasser, ensemble, pour être à la hauteur des défis.»
Les contours de cette «coopérative politique» restent cependant flous. Daniel Cohn-Bendit estime que ce sont ses membres qui définiront sa structure et sa stratégie. «Pour cela, j'appelle à la constitution de collectifs Europe Ecologie-22 mars», conclut le texte publié dans «Libération».
Cohn-Bendit explique sa proposition sur RTL
L'Alliance écologiste indépendante répond «présente»
Lundi, «l'appel du 22 mars» a été entendu par Antoine Waechter et Jean-Marc Governatori, co-présidents de l'Alliance écologiste indépendante (AEI), qui ont répondu «présents». Cap-21, le parti de Corinne Lepage, a accueilli l'initiative «avec intérêt». La vice-présidente et cofondatrice du MoDem, qui vient de claquer la porte du parti de François Bayrou pose néanmoins ses conditions : il devra s'agir «d'une force autonome par rapport aux partis politiques traditionnels et non du volet environnement du projet du PS pour 2012».
Selon Yves Cochet, un des fondateurs des Verts en 1984, si le «dépassement» est «difficile pour certains», il est «absolument nécessaire» pour ne pas «louper une fenêtre historique» après les derniers succès électoraux.
Duflot : une question secondaire
Mais cette position ne fait pas l'unanimité chez les Verts. Lundi, sur France Info, Cécile Duflot a estimé que l'organisation était «une question seconde». Pour la patronne des Verts, «la question première c'est le projet». Jean-Vincent Placé, numéro deux du parti, a jugé «prématuré» l'appel de Cohn-Bendit. Il n'y a «pas de raison de dissoudre quelque chose qui marche bien»,«il ne faut pas qu'on essaie d'inventer des structures qui paraissent au premier abord très libertaires et qui en réalité seraient bonapartistes», a-t-il déclaré. Une réunion de lancement de «l'appel du 22 mars» avec «DCB» devrait se tenir lundi soir à Paris au Comptoir général (10e). Cécile Duflot n'y sera pas. Mais «elle a suffisamment de flair politique pour s'y associer» bientôt, ironise Yves Cochet.











































