L'histoire ouvrière de l'après-guerre est jalonnée des luttes des salariés pour obtenir puis augmenter le salaire minimum, appelé Smig avant de devenir le
Smic. Voici un petit retour en arrière grâce aux archives de l'INA.
1. Du Smig au Smic.1969, période charnière pour le passage du Smig au Smic. A Fougères (Ille-et-Vilaine), gros bassin industriel, le reportage s'intéresse à une famille française où l'épouse a dû abandonner son activité pour se consacrer à l'
éducation des trois enfants. Le mari, ouvrier spécialisé, et sa femme sont invités à en débattre avec le ministre de l'Economie, Joseph Fontanet. «Comment feriez-vous monsieur le ministre pour vivre avec 11 120 francs par mois ?» interroge l'épouse, avant de demander : «Quand allons-nous pouvoir acheter une machine à laver ?»
2. Augmentation du salaire minimum. En mai 1978, Roger Gicquel, présentateur vedette de la première chaîne, annonce au journal télévisé que le
gouvernement de Raymond Barre vient de relever le Smic de 4%, mais que l'augmentation nette, une fois déduite l'inflation, n'est que de 1,2%. Un smicard perçoit alors 1 815 francs par mois pour 40 heures de travail hebdomadaire. « On est loin des 2 400 francs réclamés par la gauche », constate le journaliste.
3. Le Smic en 1981. Le 3 juin 1981, à peine un mois après l'élection de François Mitterrand, le journal télévisé s'intéresse aux conséquences éventuelles de l'augmentation du Smic dans une entreprise de tricots. Le patron emploie 120 personnes, dont 7 sont payées en dessous de 2 800 francs, le seuil du Smic à l'époque. Le chef d'entreprise se dit incapable d'absorber l'augmentation voulue par le gouvernement de Pierre Mauroy et appelle de ses voeux des prêts relais en attendant « la reprise ».