Mardi noir pour l'
emploi. Alors qu'une rafale de plans sociaux s'est abattue sur le pays, l'Unedic, l'organisme qui gère l'assurance
chômage, a affirmé s'attendre à 639 000 chômeurs de plus cette année, ce qui porterait le nombre
total de demandeurs d'emploi à 3,5 millions. Un record historique.
Le chiffre s'est aggravé. En mars, l'assurance chômage ne tablait encore que sur 375 000 à 454 000 chômeurs en plus cette année. Selon l'Unedic, l'économie française va continuer à détruire plus d'emplois qu'elle n'en créera. La perte serait de 591 000 emplois salariés en 2009. Du coup, le déficit de l'assurance chômage devrait de nouveau se creuser, pour s'établir à 6,3 milliards d'euros à la fin de 2009 (4,9 milliards en 2008).
Du jamais-vu depuis 1929
Plus pessimiste, l'ex-directeur général de l'Unedic, Jean-Pierre Revoil, avait soutenu que le recul de l'activité le PIB pourrait reculer de 3 % en 2009 devrait mécaniquement faire « 900 000 chômeurs de plus cette année ». La hausse la plus brutale, estime-t-il, du chômage depuis 1929.
Coïncidence, le jour même, des centaines de suppressions d'emplois sont venues hier nourrir l'actualité sociale. En Picardie, déjà frappée par la fermeture programmée de l'usine de pneus Continental de Clairoix, le groupe Goodyear Dunlop a annoncé 820 licenciements. L'hémorragie a touché ABB (540 licenciements) et le fabricant de composants électroniques Altis (400). La liquidation judiciaire du grossiste alimentaire EDA va laisser sur le carreau 617 salariés avant celle peut-être de la filiale française de l'équipementier télécom Nortel. Là, 480 emplois sont menacés dans les Yvelines.