« La situation de la
SNCF n'a rien à voir avec celle de
France Télécom. » La SNCF s'emploie à faire passer le message. En effet, le
suicide, mardi 6 octobre, d'un agent SNCF de la gare de Bourg-en-Bresse (Ain), Eric Penache, 49 ans, militant CGT, retrouvé décédé à son domicile, a entraîné hier une réaction virulente de la CGT-Cheminots. Exprimant sa « consternation et sa douleur », le syndicat s'interroge sur le rapport qui pourrait exister entre ce geste dramatique et les « réorganisations menées à marche forcée dans l'entreprise sans véritable concertation ».
La CGT-Cheminots, qui réclame la tenue d'urgence d'une table ronde nationale sur le sujet, dénonce aussi des « méthodes de management agressives et infantilisantes » pour faire passer, « coûte que coûte », une stratégie axée sur « la rentabilité financière ». Une version contredite par les premiers éléments de l'enquête judiciaire qui verrait plutôt des causes personnelles à ce geste.
La SNCF prend l'affaire très au sérieux
Alors qu'un cadre SNCF s'est suicidé en septembre à Aulnoye dans le nord de la France, l'entreprise prend l'affaire très au sérieux. Elle rappelle qu'un dispositif de veille a été mis en place pour prévenir les risques psychosociaux. Sur le terrain, des équipes médicales intégrées à la SNCF aident les chefs d'établissement à identifier et à accompagner les salariés anxieux ou dépressifs.
Enfin, la SNCF, qui a mis sur pied en 2008 avec les syndicats un observatoire des conditions de vie au travail, a mené en 2006 et en 2009 une enquête épidémiologique la plus vaste jamais conduite en Europe auprès de plus de 10 000 de ses agents. Résultat ? Sur une échelle de 1 à 12 mesurant le stress au travail, les cheminots se situent en moyenne à 2,6. Ce qui correspond exactement à la moyenne nationale.