La série noire se poursuit chez
France Télécom. Un ingénieur de 48 ans, Didier, en arrêt maladie depuis un mois sur les conseils de son médecin du travail, s'est pendu jeudi à son domicile à Lannion (Côtes-d'Armor), selon la direction. Il était marié et père de famille.Ce nouveau drame porte à 25 le nombre de suicides dans l'entreprise en près de deux ans, et intervient deux jours après une nouvelle tentative d'un salarié du groupe de mettre fin à ses jours à Marseille.
Le PDG du groupe, Didier Lombard, s'est rendu en fin de soirée sur le site de recherche et développement de Lannion qui avait déjà connu un
suicide fin août. «Plus que jamais, il faut que nous accélérions l'ensemble des mesures que nous prenons pour sortir de cette spirale infernale. Il faut absolument arrêter cette vague de suicides qui est en train de frapper l'entreprise», a-t-il dit.
«Une lettre à son domicile»
«C'est une terrible nouvelle, que je redoutais», a déclaré sur
France 5 le nouveau numéro 2 de l'opérateur télécom, Stéphane Richard, qui a précisé que l'ingénieur avait «laissé une lettre à son domicile». Sans en connaître «la teneur exacte», il a indiqué que le défunt y faisait «état d'une déception dont il aurait souffert, à la suite d'un choix professionnel pour un poste sur lequel il était candidat, et où il n'a pas été retenu».
Appel à une journée d'action le 20 octobre
Alors que des négociations sur le stress au travail ont débuté dans l'entreprise, les syndicats ont claqué la porte d'une réunion, mercredi soir, appelant ce jeudi à une journée d'action le 20 octobre. Cet appel s'inscrit «dans la continuité des mobilisations engagées à France Télécom» en septembre et octobre «pour que soient prises en compte les mesures susceptibles de modifier durablement et en profondeur, l'organisation, le contenu et les conditions de travail», déclarent les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC/Unsa, Sud) dans un communiqué.
«Les personnels de France Télécom sont toujours en danger, c'est intolérable et inacceptable», poursuivent-elles.