Opérations escargot en province, blocage des Champs-Elysées, défilés dans plusieurs grandes villes... Après leur coup de force hier vendredi pour protester contre la baisse de leurs revenus, les agriculteurs seront reçus mardi prochain par leur ministre Bruno Le Maire.
Selon la Fédération nationale des exploitants agricoles (FNSEA), quelque 52.000 manifestants étaient au rendez-vous vendredi vers midi. Pour le président de la Fédération, Jean-Michel Lemétayer, cette mobilisation est le symbole de la «détresse» des agriculteurs. Il demande un «plan d'urgence» de 400 millions d'euros et une capacité d'emprunt garantie par l'Etat à hauteur d'1,4 milliards d'euros.
Nicolas Sarkozy prendra une décision dans les jours à venir
«Je verrai mardi prochain l'ensemble des organisations représentatives syndicales pour leur faire des propositions et pour discuter avec elles», a promis vendredi Bruno Le Maire sur i-Télé.
«Ensuite, nous verrons le président de la République avec le Premier ministre pour lui présenter un certain nombre de mesures et le président de la République prendra une décision nécessaire dans les jours à venir».
Vendredi dans une interview au Figaro, le président Nicolas Sarkozy a promis «des initiatives fortes» en faveur du secteur avant la fin du mois. Rien qu'au mois d'août, les prix agricoles ont baissé de 2,5% par rapport à juillet et de 15% sur un an.
Défilés et blocages dans toute la France
A Paris, une centaine de jeunes agriculteurs d'Ile-de-France ont donné le ton vendredi dès 7 h 30. Ils ont bloqué les Champs-Elysées à la hauteur de la station de métro George-V, à proximité du restaurant Le Fouquet's. Par surprise, les manifestants ont coupé la voie à l'aide de barrières avant de décharger des ballots de paille et d'enflammer des pneus.
Opérations escargot. Vendredi matin, juchés sur leurs tracteurs, les manifestants ont organisé de nombreuses opérations escargot dans l'Hexagone. En Seine-et-Marne, des tracteurs s'étaient rassemblés au carrefour de l'Obélisque à Fontainebleau, perturbant la circulation sur la N6 et la N7, d'autres ont été recensés à Melun, Meaux et Provins. A Nantes, Metz, Colmar, Saint-Quentin, Laon, Soissons, Dunkerque ou Lille, les cortèges ont roulé au ralenti pour bloquer les voies d'accès aux centre-villes. A Clermont-Ferrand, c'est l'A75 qui a été fermée en raison de centaines de tracteurs qui roulaient à faible allure. La circulation a été particulièrement difficile en Midi-Pyrénées.
Plusieurs milliers de manifestants à Nantes, Toulouse ou Rouen
Dans le grand ouest, plusieurs milliers d'agriculteurs se sont rassemblés ce vendredi. 3.000 personnes à Rennes selon les organisateurs et 1.500 selon la police. 4100 personnes à Nantes (selon la police), 5.000 selon les organisateurs. A Orléans, les agriculteurs étaient entre 3.000 et 1.600 (selon la police). Dans le nord-ouest, 2000 (1200 selon la police) agriculteurs normands ont défilé à Rouen, et un millier environ à Caen.
Dans le sud-ouest, à Toulouse, plus de 4.000 agriculteurs (2.800 selon la police), venus de toute la région Midi-Pyrénées se sont dirigées vers la place du Capitole. Dans le sud-est, entre 2.000 (selon la police) et 4.000 (selon les organisateurs) agriculteurs, éleveurs et viticulteurs se sont retrouvés dans les rues d'Avignon, lors d'un rassemblement marqué par de légers incidents avec les CRS.
Dans l'est enfin , plus de 3.000 agriculteurs lorrains (1.800 selon la police) se sont rassemblés à Metz, garant leurs tracteurs devant le futur centre Pompidou. Un millier d'Alsaciens étaient au rendez-vous à Colmar.
Leparisien.fr avec A
Cet article a été publié dans la rubrique Economie