Des indemnités de 1.700 à 49.700 euros pour ses 568 salariés licenciés en Basse-Normandie. La facture, fixée par la cour d'appel de Caen le 18 février, est salée pour Moulinex. Mardi, les administrateurs judiciaires de l'ex-fleuron de l'électroménager ont donc décidé de se pourvoir en cassation contre cet arrêt.
Contrairement à la première instance, les
juges de la cour d'appel avaient estimé que les licenciements des Moulinex étaient «sans cause réelle».
Le pourvoi en cassation de Moulinex va-t-il empêcher les anciens salariés de percevoir leurs indemnités? Selon un des avocats des salariés, Coralie Loygue, le pourvoi n'est pas suspensif et les salariés devraient, en théorie, pouvoir percevoir leurs indemnités.
Mais «quand on voit qu'un autre salarié de Moulinex pour lequel une décision définitive a été rendue en 2005/2006 vient seulement de percevoir son indemnité», il n'est pas exclu que la cour de cassation se prononce sur le cas de ces 568 autres avant qu'ils ne perçoivent leur indemnité, pense Maître Loygue.
Les salariés concernés devront attendre au moins un an avant d'espérer une décision définitive sur leur cas.
Le 18 décembre, à Caen, l'ex-délégué CFDT de Moulinex, Marie-Gisèle Chevalier, s'était réjouie «après huit ans de lutte» de la décision de la cour d'appel permettant «à la fois, enfin, de la
monnaie sonnante et trébuchante et une reconnaissance».
Le dépôt de bilan de Moulinex en 2001 avait conduit à la suppression de 3.240 emplois en Basse-Normandie.