Les fêtes de Noël risquent d'être un grand capharnaüm. Outre le préavis de grève déposé par les
syndicats de routiers à compter de ce dimanche soir (13 décembre) , l'Association des producteurs laitiers indépendants (APLI) vient d'annoncer qu'elle serait solidaire des routiers et s'associerait au bloquage des sites logistiques de la grande distribution à partir de cette date pour obtenir un meilleur prix du lait. Autre menace qui plane, celle des convoyeurs de fonds qui ont prévu de se mobiliser le 21 décembre en n'alimentant plus les distributeurs automatiques.
Les routiers ne sont pas près de décolérer. Ils considèrent que la proposition du secrétaire d'Etat aux Transports,
Dominique Bussereau, de réduire de 100 millions d'euros la
taxe carbone des entreprises du secteur afin de les encourager à faire des concessions aux salariés, reste insuffisante. «On nous prend pour des cons, on va aller au conflit, c'est tout», a déclaré Gérard Martinez (FO). Selon lui, les 100 millions proposés permettraient au patronat d'augmenter les salaires de 1%.
De plus, les organisations patronales avaient également demandé des aides au niveau des charges sociales, une défiscalisation des heures supplémentaires. Au total, selon la FNTR, première organisation patronale du secteur, ces aides s'élèveraient à 400 millions d'euros.
Les routiers veulent au moins 4% de hausse salariale
«On a affaire comme d'habitude à des patrons qui se comportent comme des chasseurs de primes», qui «ne pensent qu'à une seule chose : se faire payer les salaires par quelqu'un d'autre», a lancé Maxime Dumont (CFDT). Alors que le patronat propose une augmentation de l'ordre de 2%, les syndicats des 500 000 routiers réclament eux 10 euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés (soit une hausse de 9%), 4% de hausse pour les cadres, 4% pour les frais de déplacement et un 13e mois pour tous. Quant aux médiateurs nommés par Dominique Bussereau, ils ont proposé, comme base de négociation, des augmentations de salaires de 3% et de 4%, et de 2% pour les frais de déplacement.
Jeudi à 14 heures, les syndicats doivent se réunir pour décider s'ils reviennent ou non à la table de négociations pour une nouvelle séance annoncée pour 16 heures. Faute d'accord avant vendredi, les routiers menacent de bloquer à partir de dimanche soir des entrepôts de la grande distribution, ce que le gouvernement souhaite empêcher à quelques jours des fêtes de fin d'année.
Mercredi, Dominique Bussereau avait également proposé la tenue «d'états-généraux du transport» en janvier pour mettre à plat l'ensemble des problèmes du secteur. Ils comprendraient «trois piliers : social, environnemental et économique», selon Gérard Martinez (FO) Ils s'attaqueraient notamment au chantier de la convention collective.