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Les prix à la pompe remontent

Le prix de l'essence a augmenté de près de 6 % depuis mai et de 16 % depuis janvier, soit beaucoup plus que l'inflation. Un indice de reprise économique.

 
04.09.2009
Lentement mais sûrement, les prix à la pompe grimpent. Depuis le début de l'année, et notamment depuis le mois de mars, les tarifs indiqués à l'entrée des stations-service grossissent chaque mois de quelques centimes. Selon les chiffres de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), le litre de super sans plomb 95 coûtait 1,27 € au mois d'août, contre 1,2 en mai (+ 6 %) et 1,1 € en janvier (+ 16 %). Alors que l' a été quasiment nulle. On est loin de certaines prévisions d'experts qui anticipaient il y a sept mois le prix de l'essence aux alentours de 1 € le litre pour 2009… Les raisons de cette hausse. « Elle s'explique avant tout par la remontée du prix du brut, qui reflète l'anticipation de la reprise économique », explique Jean-Louis Schilansky, de l'Ufip. Depuis quelques semaines, le baril s'achète aux environs de 70 dollars. Rien à voir donc avec les prix pratiqués à l'été 2008 quand l'or noir s'échangeait à près de 150 $ le baril, mais le prix à plus que doublé par rapport à décembre dernier (34 $). Autres explications : la bonne tenue de l'économie chinoise, deuxième plus important consommateur d'énergie au monde. « Il faut aussi ajouter le rôle de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), qui a réduit l'offre en sortant 4 millions de barils par jour. Automatiquement les prix ont remonté », explique Philippe Chalmin, professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine. Les taxes limitent la flambée des prix. En France, les taxes représentent environ 65% du prix du super sans plomb 95, et 60 % de celui du gazole. « Cette fiscalité joue un sérieux rôle d'amortisseur, à la baisse comme à la hausse », précise Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue spécialisée « Pétrole et gaz arabes ». C'est pourquoi, alors que le baril a grimpé de 66 % depuis janvier, l'essence n'a, quant à elle, progressé que de 16 %. En outre, la baisse historique des marges de raffinage, divisées par trois sur la même période, a contribué à freiner l'envolée des tarifs. Le gazole épargné. Les consommateurs de diesel, notamment les professionnels et les entreprises, sont plus chanceux car son prix au litre varie peu : il était à 1,04 € en août contre 0,98 € en janvier. « Son prix est tiré à la baisse compte tenu d'une demande industrielle encore faible », justifie Guy Maisonnier, économiste à l'Institut français du pétrole. Combien coûtera l'essence à la fin de l'année ? Sur ce point, les avis des experts divergent. Francis Perrin pense que les prix vont progresser, alors que Philippe Chalmin ne croit pas, « sauf événement géopolitique majeur », à un baril à 80 ou 90 $. En raison d'une croissance incertaine, Guy Maisonnier anticipe, quant à lui, « une forte volatilité, entre 60 et 80 $. » « Quatre-vingts dollars est tout à fait envisageable », estime pour sa part Jean-Louis Schilansky. « Si c'est le cas, l'essence pourrait augmenter d'environ cinq centimes. »  
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Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Economie

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