Le taux de
chômage en
France a fait un bond de 1,1 point au premier trimestre 2009, touchant 8,7% de la population active, contre 7,6% au 4e trimestre 2008, a annoncé jeudi la ministre de l'Economie,
Christine Lagarde. Si l'on inclut les départements d'Outre-mer, le taux de chômage a même bondi à 9,1% au premier trimestre 2009, selon l'Insee.
«C'est brutal» et cette situation «va perdurer», a prévenu la ministre. Elle a aussi a indiqué que le taux de chômage au quatrième trimestre 2008 a été révisé, passant de 7,8% de la population active en France métropolitaine à 7,6%.
Les moins de 25 ans les plus touchés
Toutes les catégories d'âge et de sexe sont affectées par l'envolée du taux de chômage, mais les jeunes actifs sont encore les plus fortement touchés, selon les chiffres publiés par l'Insee. Pour les moins de 25 ans, le taux de chômage a crû fortement (+2,4 points) pour atteindre 22,7% en métropole et 23,5% avec les Dom, restant presque trois fois supérieur à celui des 25-49 ans. Il y avait 634 000 jeunes actifs au chômage en France métropolitaine à la fin mars.
Au premier trimestre 2009, le chômage a aussi fortement augmenté pour les 25-49 ans, à 7,7% en moyenne en métropole, soit 1,4 million de personnes, et à 8,1% avec les Dom. Pour les plus de 49 ans, le taux de chômage a aussi nettement progressé sur un an à 5,8% en métropole, correspondant à 414 000 personnes, et 6% avec les Dom.
Lagarde : la situation «se dégrade moins vite qu'ailleurs»
Pour autant, elle a souligné que ce mauvais résultat se situe «dans la moyenne de l'Union européenne» et que la situation «se dégrade moins vite qu'ailleurs» en citant les cas de l'Espagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. La France, qui avait atteint pendant une partie de l'année 2008 le plus bas niveau depuis 25 ans, avait terminé 2008 sur une nette remontée du chômage (+0,3 point sur un an), qui reculait depuis 2006.
Interrogée sur les chiffres du chômage par des lecteurs du Parisien - Aujourd'hui en France dans une interview parue mercredi, Christine Lagarde assurait : «La crise mondiale actuelle n'a pas d'équivalent. Après une phase financière, puis de transmission à l'économie, on arrive dans la troisième phase, la phase sociale, avec des plans de licenciement. On a la chance en France d'avoir un système social qui amortit le choc. Ce n'est pas génial, parce que le mieux, c'est le travail, l'emploi.»