Comparer les prix est devenu un sport national. Et pour cause. Pendant longtemps, s'orienter dans les méandres de la grande distribution était relativement simple : les Français privilégiaient les hyper et supermarchés traditionnels pour le choix et la qualité des produits mais préféraient les hard discounters pour les prix qui y défiaient toute concurrence.
« Cette année, la donne est plus complexe », reconnaît un expert du secteur. Comme le montre l'
enquête que nous avons réalisée dans le XIIe arrondissement de
Paris (voir ci-contre), les enseignes traditionnelles se révèlent très souvent meilleur
marché que les magasins à bas prix.
Même des produits de marque apparaissent comme moins chers chez Franprix que chez Ed. Alors que l'an dernier le hard discount conquérait encore des parts de marché, 2009 marque l'arrêt de ces progrès.
Les effets de la loi LME
Sur les six premiers mois, Leader Price, filiale de Casino, connaissait coup sur coup un recul de 6,5 puis de 8,5 % de son activité au premier puis au deuxième trimestre.
« La loi LME sur la modernisation de l'économie qui a commencé à s'appliquer au début de l'année est en grande partie à l'origine de ce retournement », explique Serge Papin, le PDG de la chaîne Super U. En autorisant les grandes surfaces à répercuter auprès de leurs clients les ristournes qu'elles décrochaient auprès des industriels, ce texte a entraîné sinon une baisse tout au moins un freinage des prix pratiqués dans les hyper et supermarchés. Entre juin 2008 et juin 2009, la hausse des prix a été dans ce type de commerce de 0,1 à 1,2 % contre 1,9 % dans les magasins de hard discount. Forte de cette nouvelle législation, la grande distribution a inversé le rapport de forces en sa faveur, vis-à-vis des industriels mais aussi des petits producteurs qui, eux, doivent miser « à tout prix » sur la qualité pour tenter de survivre…