La récession en France touche peut-être à sa fin. L'Insee a en effet annoncé vendredi que la croissance du Produit Intérieur Brut était redevenue positive au 2e trimestre 2009 (+0,3%), confirmant sa précédente estimation publiée en août. En revanche, l'Institut a révisé à la baisse le taux de croissance du 1er trimestre à -1,4% du PIB contre -1,3% annoncé précédemment.
L'économie française a donc renoué contre toute attente avec la croissance au printemps. Depuis, le gouvernement a revu à la hausse ses prévisions pour cette année (-2,25% au lieu de -3,0%) et pour 2010 (+0,75 contre +0,5%). La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a dit s'attendre à un «chiffre positif» pour la croissance au 3e trimestre.
Malgré cette embellie, «on sera sorti de la crise quand le chômage recommencera à baisser», a prévenu mercredi le président Nicolas Sarkozy. Le gouvernement estime que la situation sur le front de l'emploi continuera à se dégrader encore pendant plusieurs mois, voire trimestres.
Hausse du revenu des ménages
Par ailleurs, le revenu disponible brut des ménages a rebondi au 2e trimestre 2009 de +1,1%, après avoir stagné pendant les trois premiers mois de l'année. En raison d'une inflation quasi-inexistante - le prix des dépenses de consommation des ménages est resté stable -, le pouvoir d'achat du revenu disponible brut progresse lui aussi de 1,1%.
Selon l'Insee, ce rebond s'explique essentiellement par une «vive accélération» des prestations sociales (+3,0%) liée au plan de relance, mais aussi par une stabilisation de la masse salariale perçue par les ménages.
«Le hic, c'est que ce surcroît de pouvoir d'achat ne s'est pas retrouvé complètement dans les comportements en magasin», relève l'économiste Alexander Law, du cabinet d'études Xerfi. «Dans l'incertitude, les Français préfèrent mettre de l'argent de côté pour se constituer une épargne de précaution». En effet, les dépenses de consommation des ménages (en valeur) n'augmentent que de +0,2% au 2e trimestre, tandis que le taux d'épargne passe de 16,0% à 16,7% au 2e trimestre. Le taux d'épargne financière, c'est-à-dire hors immobilier, progresse encore plus, à 7,4% après 6,4%.
Pour Alexander Law, il s'agit d'une «vraie menace» pour les prochains mois en termes de consommation des ménages, le moteur habituel de la croissance française s'étant déjà grippé au cours de l'été. Selon Marc Touati (Global Equities) en revanche, «les ménages se sont constitués un matelas de sécurité pour maintenir un niveau de consommation appréciable pour la fin 2009 et le début 2010».





































