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Video : Son témoignage en vidéo
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Un raz de marée. Près de 80 % des salariés de
France Télécom ont répondu au questionnaire sur le stress envoyé en urgence aux 102 000 collaborateurs du groupe le 19 octobre après les 25 suicides survenus en dix-huit mois. Funeste coïncidence : alors que Technologia, le cabinet chargé de mener l'
enquête sur la souffrance au travail à France Télécom publiait ce chiffre, on apprenait le suicide d'une salariée en Bretagne survenu samedi. Certes, son geste n'a aucun lien avec son activité professionnelle, assurent de concert le syndicat SUD et la direction. Mais cette douloureuse nouvelle conjuguée à ce taux de retour impressionnant fait remonter à la surface la tempête sociale qu'a traversée l'opérateur et témoigne du profond désir de changement du personnel. « Il y avait une telle attente, une telle chape de plomb, que le questionnaire représentait le seul moyen de s'exprimer », estime Patrice Diochet, de la CFTC. La direction reconnaît que la « participation exceptionnelle traduit une mobilisation forte des salariés ».
Les négociations patinent
Alors que les entretiens individuels avec un millier de collaborateurs se poursuivent en parallèle, Technologia doit dépouiller ces réponses. Un premier rapport sera rendu public début décembre avec des « propositions de mesures d'urgence ». Des conclusions attendues avec impatience par les syndicats. Selon eux, les négociations entamées en septembre marquent le pas. « Les choses bougent doucement », reconnaît Xavier Major (CFDT). Surtout, ils réclament l'application des mesures d'urgence annoncées récemment (arrêt des mobilités, recrutement de 380 CDI…). « Les salariés ont l'impression que rien n'a changé », explique Sandrine Le Roy (FO). Philippe Meric (SUD) s'inquiète que « la direction n'apporte toujours pas de réponses sur l'organisation du travail, les objectifs individuels et le management ». Bref, les trois raisons qui ont poussé certains au suicide, comme Yonnel Dervin. « Quand les résultats seront connus, France Télécom n'aura pas d'autre choix que de passer à la vitesse supérieure », poursuit Patrice Diochet. Réponse dans trois semaines.
Un salarié de l'équipementier automobile Faurecia de l'usine de Pulversheim (Haut-Rhin) s'est suicidé hier matin à son domicile. Agé de 36 ans, délégué syndical de la CGT, Franck traversait une période difficile sur le plan personnel et familial.