Ce n'est certes pas la panique, mais l'inquiétude augmente. Il est vrai que la menace d'un manque d'essence a monté d'un cran hier. Outre les six raffineries
Total arrêtées en raison d'une grève du personnel opposé à la fermeture prochaine de l'usine des Flandres à Dunkerque (Nord), ce serait, à partir d'aujourd'hui et de demain, au tour des quatre raffineries Exxon,
BP et ex-
Shell (devenu Petroplus) situées sur le territoire français de stopper le travail. Déjà, quelque 132 stations-service sur les 12 700 que compte le pays sont à court de carburants.
Sous la pression de l'Elysée, la direction de Total réagit
Après Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, c'est Christian Estrosi qui hier a cherché à rassurer les Français. Il n'y aura « pas de problème d'approvisionnement de carburants en France », a affirmé le ministre de l'Industrie. Il n'empêche, les experts sont formels : les stocks ne peuvent tenir que sept à dix jours en cas de poursuite du mouvement. Une perspective qui a déjà fait sortir du bois les transporteurs routiers, pour qui une telle pénurie pourrait leur porter un coup fatal. Certes, à part les événements exceptionnels de mai 1968, la France n'a jamais connu de réelle carence. Des solutions d'approvisionnement alternatives existent : les raffineries n'appartenant pas au groupe Total, les importations et, en cas de gravité extrême, le recours aux stocks stratégiques que seul le gouvernement peut activer.
Mais, derrière le spectre de la pénurie, les vrais problèmes restent à résoudre : industriel avec l'organisation du raffinage dans un pays comme la France où la consommation de carburants va baisser inéluctablement, social avec un plan de reconversion du personnel pour le moins insuffisamment préparé. Une leçon que semble avoir comprise — sous la pression de l'Elysée — la direction de Total : celle-ci a décidé hier de toute urgence de réunir les organisations syndicales aujourd'hui. Elle a en outre rapproché la tenue d'un comité central d'entreprise portant sur l'avenir du site de Dunkerque, du 29 mars au 3 mars, soit avant les élections régionales…
Vidéo. A Paris, les automobilistes ne cèdent pas à la panique.