Les déboires du constructeur japonais ne laissent personne indifférent au sein de l'usine
Toyota à Onnaing, près de Valenciennes, qui produit la Yaris. Le site qui emploie 3 700 salariés est touché par le rappel de plusieurs milliers de véhicules. « Nous sommes tous affectés. C'est un sale coup pour l'image de marque de Toyota. Ici, la qualité reste primordiale », lâche Xavier, l'un des ouvriers « team member » à l'heure du changement de poste. Sur le vaste parking, l'inquiétude se lit sur certains visages : « C'est sûr, cela va s'en ressentir sur les ventes. Nous n'avons jamais été informés ici de ces problèmes de pédale d'accélérateur », déplore un autre salarié. Benoît, jeune ouvrier au montage, veut rester néanmoins confiant : « D'autres constructeurs sont concernés. Nous sommes solides. A nous de mettre les bouchées doubles. »
L'usine, qui a démarré son activité en 2001, a souvent été citée en exemple pour ses méthodes de travail, donnant la priorité à la qualité. Mais la
crise ne l'a pas épargnée : un premier conflit social a éclaté au
printemps, et la production devrait diminuer de 16 % à partir du 22 février, passant de 1 000 à 837 véhicules par jour. Six cents postes d'intérimaires ne devraient pas être reconduits cette année. « Nous sommes arrivés aux limites du système.
A force de vouloir faire des voitures moins chères, avec des campagnes de réduction dans tous les coins, ces problèmes devaient arriver », souligne Bruno Leclercq, délégué CGT. « Evidemment, nous serions plus fiers de fabriquer des voitures qui ne sont pas rappelées, mais notre travail n'est pas en cause, le souci vient de pièces défectueuses. Cela nous dépasse », poursuit cet employé qualité.
Malgré la tempête qui secoue le groupe, l'activité se poursuit normalement. La communication en interne reste limitée au strict minimum, regrettent les ouvriers. Selon Grégory Minot, syndicaliste FO, les excuses du PDG Akio Toyoda « arrivent trop tard ». « Nous ne sommes pas rassurés, on se demande pourquoi nos dirigeants ne nous ont pas dit la vérité, car ils savaient depuis quatre ans qu'il y avait des défaillances », ajoute-t-il. Une consolation pour le site valenciennois, le modèle Yaris reste la voiture qui a le moins souffert de la crise dans le groupe. « D'autres marques sont concernées, cela nous rassure un peu, ajoute Bruno, qui termine sa journée de travail. S'il y a eu des erreurs de commises, j'espère que les responsables seront sanctionnés. »