Une piste parmi d'autres. Les déclarations contradictoires sur l'augmentation du forfait hospitalier se multiplient depuis dimanche. «Je ne confirme pas les chiffres» - une hausse de 25% -, mais «juste les pistes», a affirmé
Eric Woerth, le ministre du Budget, lundi sur Europe 1. S'il a reconnu «étudier cette piste comme d'autres» pour limiter le trou de la Sécurité sociale, qui pourrait culminer à environ 20 milliards d'euros cette année, il a dénoncé «une mauvaise présentation des choses».
Dimanche, le Journal du Dimanche avait révélé que le
gouvernement envisageait d'augmenter le forfait hospitalier de 25% et de baisser le remboursement de certains médicaments. Ces mesures seraient inscrites dans le projet de budget 2010 de la Sécurité sociale. Depuis, les déclarations se succèdent au sein du gouvernement, sans que l'on sache vraiment si l'arbitrage sur ces mesures a été pris ou s'il s'agit de simples pistes de travail. On ne connaît pas non plus le montant de l'augmentation possible du forfait hospitalier. Et pour cause, des sons de cloche différents se font entendre au sein même du gouvernement.
Il pourrait passer de 16 à 20 euros par jour
La ministre de la
Santé, Roselyne Bachelot, a ainsi jugé dimanche sur France 5 qu'«il ne serait pas illégitime qu'il y ait un rattrapage sur le forfait hospitalier», qui n'a pas été augmenté depuis trois ans, tout en estimant qu'une augmentation de 25% lui semblait «très élevée». Le forfait hospitalier est une participation forfaitaire non remboursée par la Sécurité qui contribue aux frais d'hébergement et d'entretien entraînés par une hospitalisation de plus de 24 heures. Il s'élève aujourd'hui à 16 euros. Les femmes enceintes et les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) en sont exemptés.
La ministre de la Santé a également indiqué que la baisse de remboursement de certains médicaments, comme le paracétamol, qui pourrait être une des pistes du gouvernement pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, n'était «pas une bonne idée».
Dans un premier temps, le ministre du Travail Xavier Darcos avait confirmé que le gouvernement était «obligé» d'augmenter le forfait hospitalier «pour tenir l'objectif de dépenses de santé», avant de préciser, à l'instar de Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, qu'il s'agissait d'une «piste de travail» et non de l'arbitrage définitif du gouvernement.
Peu avant, lors du «Grand rendez-vous» Europe1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait, quant à elle, assuré que «les travaux sont en cours sur le sujet et que les arbitrages ne sont pas rendus». «La commission qui va statuer sur ces questions-là se réunira à la fin du mois de septembre», a-t-elle simplement précisé. La ministre a cependant précisé qu'on ne pouvait «avoir des dépenses publiques, des avantages sociaux divers et variés, une des meilleures Sécurité sociale au monde, sans avoir de l'autre côté des prélèvements. Il faut bien qu'on se le finance, tout ça».
Les chiffres de la hausse
Selon le JDD, le forfait hospitalier, que les patients acquittent pour chaque journée passée à l'hôpital, pourrait passer de 16 à 20 euros. Et les médicaments dit à «prescription médicale facultative», c'est-à-dire disponibles sans ordonnance mais qui peuvent être partiellement remboursés s'ils sont prescrits par un médecin (paracétamol, aspirine notamment), ne seraient plus remboursés qu'à hauteur de 15% au lieu de 35% actuellement.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 sera discuté à l'automne au Parlement. Le déficit de l'ensemble des branches (retraite, famille, maladie et accidents du travail) pourrait atteindre 30 milliards d'euros en 2010 (après 20 milliards en 2009), selon la dernière estimation gouvernementale, pour des recettes dépassant les 300 milliards.