Faites-vous partie de ces clients qui, après avoir payé, vérifient leur ticket de caisse ? Sans doute le devriez-vous, car l'exercice se révèle loin d'être inutile. Après avoir relevé les tarifs affichés dans les rayons d'une cinquantaine de produits de
consommation courante (fruits, légumes, boissons, lessives, etc.) dans un échantillon de grandes surfaces, en Ile-de-
France comme en province, nous nous sommes aperçus, aux bornes de contrôle ou lors du passage en caisse, que les prix payés pouvaient se révéler très différents. Un filet d'ail a ainsi doublé de valeur, passant de 1,50 € à 3 € !
En 2002, un prix sur vingt était faux
Ces erreurs d'étiquetage, et donc de facturation, sont courantes et majoritairement à la défaveur des clients. Elles sont aussi dénoncées depuis des années, sans trop de succès. Sur le Net, les blogs de consommateurs fourmillent de témoignages d'usagers mécontents. Un rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF)* datant de 2002 indiquait que le taux d'erreurs d'étiquetage atteint 5,1 %, soit tout de même un prix sur vingt ! L'association 60 Millions de consommateurs parle d'« un des sujets qui provoquent le courrier le plus régulier et le plus véhément envers les grandes surfaces »…
Pourtant, la loi est claire. Depuis 1987, tout commerçant a pour obligation d'afficher les prix de tous ses articles à la vente, sans qu'il puisse subsister la moindre équivoque. Or, dans certains établissements, nous en sommes loin.
De leur côté, les grandes enseignes ne nient pas le problème. Elles s'engagent toutes à rembourser la différence sur les produits mal étiquetés, voire à dédommager les victimes d'erreurs avec des bons d'achats dans certains cas. Encore faut-il que le client détecte la faute…
* Contactée depuis une semaine, la DGCCRF n'a pas donné suite à nos questions.