Cinq cambriolages dans la même rue et dans la même nuit. Une vingtaine de faits recensés juste sur les deux derniers mois de l'année 2011. Avec ses pavillons cossus et sa renommée de village bourgeois, la commune de Saint-Paul est devenue l'un des terrains de chasse privilégiés des cambrioleurs.
Décidé à enrayer le phénomène, le maire, Gérard Hédin, a d'abord organisé des rondes de nuit hebdomadaires avec une poignée d'élus. Mais désormais, la lutte s'organise de manière officielle. Après Clermont et Agnetz, Saint-Paul rejoint le dispositif de participation citoyenne baptisé Voisins vigilants.
Piloté par la préfecture, ce dispositif vise à encadrer l'action lancée par Gérard Hédin. Car les autorités nourrissent une crainte : voir l'Oise transformée en une sorte de Far West où chaque élu joue un rôle de shérif local. « Mais ça n'a jamais été mon intention, clarifie Gérard Hédin. Mon objectif n'a jamais été de jouer les cow-boys dans les rues de ma commune. Ce que je veux, c'est que mes administrés puissent dormir tranquillement sans la peur de retrouver leur maison fracturée au petit matin… »
Pour dissuader les voleurs, Gérard Hédin n'a jamais prétendu vouloir jouer les gros bras. « Je me contente de faire des rondes en voiture, explique-t-il. Si je repère un véhicule ou des individus suspects, je relève l'immatriculation ou un signalement et je fais remonter les informations vers la gendarmerie. »
Heureuse coïncidence : cette démarche est l'essence même de l'opération Voisins vigilants. Le dispositif consiste à désigner, dans des quartiers ciblés, des citoyens référents. Leur rôle : centraliser une surveillance du secteur afin de fournir aux gendarmes des renseignements susceptibles de faire avancer leurs enquêtes. « Attention, on ne demande pas aux citoyens de verser dans la délation, précise Rémi Récio, le directeur de cabinet du préfet de l'Oise. Il s'agit simplement d'amorcer une boucle de renseignements qui favorisent le travail des gendarmes. »
« En clair, les référents ont une mission d'observation et de prévention ajoute le colonel Ronan Le Floc'h, patron des gendarmes de l'Oise. Mais leur rôle s'arrête là. Pas question pour eux d'intervenir physiquement. Il faut laisser ça aux professionnels… » A Saint-Paul, le recrutement des référents ne devrait pas poser problème. « Les gens sont tellement exaspérés que les candidats seront nombreux », pronostique le maire. D'ailleurs, sans le savoir, les habitants du village ont même déjà mis en pratique le dispositif Voisins vigilants. La preuve : quand Gérard Hédin faisait ses rondes de nuit en voiture, plusieurs personnes ont déjà alerté les gendarmes qu'un véhicule suspect tournait dans le village.